dur dur la descente

Asie Centrale

Mardi 27 mai : passage du col Tileti

La vallée

Il a plu une bonne partie de la nuit, mais nous avons une très bonne tente et j'ai très bien dormi. Au réveil tout est trempé, y compris la tente ou le sac de Gaël qui a passé la nuit sous une branche. De longues langues de brume s'élèvent paresseusement dans la vallée : ce n'est pas forcément idéal pour passer un col à 3800m comme nous l'envisageons... Du coup on hésite beaucoup pour savoir quoi faire, et on est très lents. Les chevaux ont dû passer une très mauvaise nuit sous la pluie et commencent à s'étendre doucement au soleil pour faire la sieste.

Le temps de faire sécher la tente, il est 9h quand on part (on se réveille à 6h en général). On continue dans la vallée, très plate et large à cet endroit. Il fait un temps superbe et tout brille au soleil après la pluie. Nous croisons quelques chevaux, et aussi des vaches. Arrivés à l'endroit où la vallée se sépare en deux, nous devons faire un choix. Soit nous partons à gauche (sud-est) vers une balade à la journée en aller-retour vers un glacier, soit on part à droite pour essayer de passer le col Tiletti, mais il est bien tard... Après un goûter censé porter conseil, on décide de tenter le col parce que c'est plus rigolo d'essayer de traverser, quitte à devoir camper un peu plus haut.

Montée au col

On a un peu de mal à trouver le chemin qui monte au col à partir de la vallée. Il faut en fait traverser d'abord un ruisseau (peut-être sec en plein été), puis deux rivières plus importantes, la dernière a un pont composé de plusieurs morceaux de troncs. Il y a ensuite un chemin qui part droit dans la pente sur la droite, c'est celui-là qu'il faut prendre, et pas les bouts de chemin qu'on peut rencontrer plus tôt et qui ne mènent nulle part. Le chemin est extrêmement raide (on fait 500m de dénivelé en 30 min !) mais très bien tracé donc on avance bien, même si c'est vraiment fatigant. Après cette montée abrupte, on arrive à un grand plateau qui monte en pente douce dans la direction du col. Une petite rivière coule doucement au milieu du plateau, la progression est maintenant très agréable. C'est le moment de pique-niquer. Il y a beaucoup de vent donc la limite des arbres est basse, mais il y a beaucoup de buissons. Dans le fond on aperçoit les montagnes qu'il va falloir franchir, avec de la neige. Nous avançons plusieurs heures dans ce plateau ensoleillé, seul avec les marmottes. On finit par apercevoir le col qui fait un S, dans le fond sur la gauche. La progression se fait maintenant dans des pierriers et des langues de neige, c'est assez pénible. A la suite d'une glissade j'ai couche d'un bon cm d'épaisseur de boue neigeuse sur mon pantalon... La fin de la montée au col est plus raide. Il y a beaucoup de neige au centre du couloir, Gaël nous fait passer par des pierriers sur le côté. Ca roule un peu sous les pieds et c'est raide, mais ça vaut vraiment mieux que d'enfoncer dans la neige molle. Il y a quand même quelques langues de neige à traverser : Gaël fait la trace. Il avance plus vite que moi et monte poser son sac au col, puis redescend prendre mon sac pour la fin de la montée. C'est vraiment gentil car du coup c'est beaucoup plus facile pour moi !

Montée au col Montée au col

Au col, il fait froid, mais le paysage est très beau. On a une vue plongeante sur la vallée de l'autre côté, et la chaîne de montagnes au fond, un peu perdue dans les nuages. Mais la descente est encore beaucoup plus difficile que la montée en raison de la neige où on enfonce beaucoup, souvent jusqu'à mi-cuisse. Quand on peut éviter la neige on avance sur des pierriers d'ardoise très glissants, ou dans des éboulis de gros rochers. C'est épuisant, et je n'en peux plus, avec la neige qui me refroidit beaucoup : j'ai tout le temps l'onglée. Nous mettons presque deux heures à traverser ce faux plat... Quelques cairns sur le côté nous donnent espoir de se diriger vers le bon endroit. On arrive enfin sur un terrain plus agréable, avec même un chemin tracé ! Il faut remonter un peu sur le côté droit pour traverser une rivière, et passer une dernière langue de neige au somment d'un promontoire rocheux. Sous nos pieds s'ouvre le bout de la vallée, qu'il nous faut atteindre pour camper à une altitude raisonnable (ce sera à 3000m tout de même !). Il reste 1h30 ou 2h de jour. On descend super vite, j'ai retrouvé beaucoup de forces sur ce terrain facile. La lumière du soir donne de super couleurs bleutées à la vallée. Les montagnes environnantes sont impressionnantes, il y a un glacier suspendu presque vertical sur une paroi. Arrivés dans une zone plus plate, il y a plein de petits ruisseaux à traverser. On pose le camp dès qu'on trouve un terrain à peu près plat, même si le coin est peu abrité. On bat notre record de temps de montage de tente ! Pendant qu'on se prépare un énorme plat de nouilles instantanées, un groupe de chevaux nous rejoignent silencieusement dans le crépuscule.

Quelle journée ! On se couche vite fait après avoir fini de manger.

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