chevaux

petite chouette

Asie Centrale

Mercredi 28 mai : sortie dans la vallée de Djeti-Oguz

Après les émotions d'hier, on s'octroie une petite grasse mat' et on ne se lève qu'à 7h30. On se lève tout doucement, en profitant du beau temps, des marmottes. L'eau de la rivière a un très bon goût ici.

troupeau chevaux

On part sans se presser, il nous faut descendre toute la vallée en longeant la rivière qui naît un peu plus haut. Sur la carte, le chemin est indiqué de l'autre côté de la rivière que celui où nous sommes. On passe pas mal de temps à essayer de chercher un gué au fur et à mesure qu'on avance, mais la rivière est profonde et rapide et on n'ose pas traverser. On continue en espérant trouver un pont plus loin. On rencontre en effet un premier pont, constitué de 2 rondins étroits, à l'air pas très solide. On préfère continuer sur la même rive, même si le terrain devient un peu marécageux. On fait bien, car on arrive vite à un deuxième pont, beaucoup plus solide avec 4 larges rondins. C'est bon, on est passés du bon côté !

petit_cavalier

Un peu plus tard on croise un campement de nomades, et un troupeau de chevaux qu'on traverse en essayant de ne pas effrayer les poulains. Trois gamins dévalent de la montagne en nous faisant de grands signes. On répond à leurs salutations puis on continue, mais on est vite rejoints par les trois petits cavaliers qui sont montés sur leurs chevaux. Ils ont entre 9 et 11 ans et nous proposent de monter en croupe pour un bout de chemin. On hésite un tout petit peu : je n'ai jamais fait de cheval ! Mais ce serait dommage de manquer cette expérience. Les chevaux sont grands et j'ai un peu de mal à monter dessus : je monte d'abord sans mon sac, puis Gaël me le passe. C'est plus dur pour lui de se débrouiller avec son sac... Mon petit guide monte admirablement bien, et conduit doucement son cheval qui a le pas très sûr sur ce chemin accidenté (on traverse quelques gués, et ça descend assez raide). Du coup je n'ai pas peur du tout, et j'apprécie beaucoup. On parle un peu, mais la conversation est assez vite limitée par mon russe ! Enfin, heureusement qu'il y a les signes... On fait un bon bout de chemin comme ça. Nous sommes accompagnés par quelques poulains du troupeau, que le petit garçon caresse de son pied nu quand ils passent à côté. L'un des poulains se met à trotter, du coup notre cheval se met aussi à trotter : ça secoue ! On arrive à un endroit plus plat où la rivière que nous suivons rejoint une plus grosse rivière. Il y a un large pont, et une route de 4x4 commence derrière. A l'arrivée au pont, Gaël et moi descendons de cheval et faisons une distribution de chocolat. On demande à l'aîné comment on peut les remercier. Avec un sourire malin, il nous demande si on a de l'argent. On leur donne 50 soms (1 euro) chacun. On a calculé que c'était sûrement un bon prix, mais c'était très chouette et ça nous a bien avancé.

Nous continuons sur la route de 4x4, où nous rejoignons la "civilisation" : à nouveau pas mal de familles en pique-nique. Les gens n'ont en général pas de 4x4, mais des vieilles guimbardes qui ont vécu. Certaines souffrent d'ailleurs : une vieille voiture cabossée est arrêtée au milieu de la route pour laisser le radiateur refroidir. De jeunes hommes s'affairent sur le moteur, pendant que leur patron est assis sur le siège du passager. Il nous dit bonjour de manière très aimable, nous demande comment on va, puis me demande de me pencher comme pour me dire un secret... et me vole un court baiser. Tout le monde rigole, ça a l'air de le rendre content... pourquoi pas ! La vallée devient de plus en plus peuplée, avec plein de yourtes que les gens montent pour la saison touristique qui commencera bientôt. On croise différents troupeaux sur la route, que leurs bergers emmènent dans les montagnes pour l'été : moutons, vaches, chevaux (par ordre croissant d'intelligence des bestiaux).

Il se met tout d'un coup à bien pleuvoir. A un moment nous sommes rattrapés par mon petit cavalier nomade, qui galope à toute vitesse sur son cheval. Tous les gens qui le voient passer envient son allure à cheval : c'est le roi de la vallée ! On le reverra repasser plus tard : il est probablement allé faire quelques courses avec nos soms. Le soleil revient un peu plus tard, on arrive au "sanatorium" de Jeti Oguz, une station thermale célèbre pour ses formations rocheuses d'un rouge profond. Les falaises rouges que nous apercevons ressemblent un peu à certains paysages de l'Utah. Nous arrivons au village. Il y a quelques maisons et un magasin où nous achetons une bière. Le bus scolaire qui passe va jusqu'à Karakol et accepte de nous y emmener pour 350 soms (on aurait sans doute pu mieux négocier...).

C'est la fin de cette belle rando. Arrivés au bazaar, on se rend à nouveau au Yak Tour. Le beau chien est toujours frétillant à notre arrivée, par contre l'hôte, Sergei, a l'air assez abattu. A la suite d'une coupure, il n'y a plus d'eau courante dans le bloc depuis deux jours. Ca veut dire qu'on ne peut entre autres pas prendre de douche. C'est un coup dur pour lui. On décide d'aller ailleurs, car on a vraiment besoin d'une douche !

L'hébergement pas cher est limités à Karakol. En plus du Yak Tour il y a le Turkestan Yourt Camp un peu plus loin. On trouve l'endroit sans problèmes, heureusement car il est tard. Le gardien nous ouvre et nous mène à une yourte bien accueillante. Pour régler les détails du paiement, il va chercher les responsables, une bande de trois russes complètement bourrés car ils fêtent aujourd'hui l'ouverture de la saison (il n'est que 18h...). Nous avons de la chance car la veille, le camp aurait été fermé. L'un des trois rigolos, un grand roux qui bégaye, se reprend un peu et note nos noms et encaisse l'argent, mais un autre est beaucoup plus lyrique et essaye de nous vanter ses talents de guide de haute montagne, tout en s'excusant tous les trois mots de son mauvais anglais... ou d'être aussi bourré ! Il transpire beaucoup, a l'oeil vitreux et le sourire fixe : il est déjà dans un bel état ! Les gars sont sympas et assez comiques, mais on décline leur offre de se joindre à leur fête, pour éviter de devoir trop boire.

Nous allons dîner dans un café en plein air, où il n'y a pas d'électricité car c'est l'heure de la coupure, mais un générateur fait quand même tourner la sono. On se régale de shaslyks, manti et salade, et on siffle une bière et 1L de jus d'orange. Puis nous prenons la douche chaude qui nous faisais tant envie, et on fait une lessive. La nuit tombe, et le gardien nous montre une petite chouette qui est tombée du nid, sans se faire mal, mais qui n'arrive pas à y remonter. Gaël et lui la mettent dans un pneu tout en haut d'un camion, en espérant que les chats ne pourront pas l'atteindre. Je m'endors à moitié dans la yourte en attendant Gaël quand quelque chose me saute sur les pieds. Je crois d'abords que c'est Gaël qui me fait une blague avant de réaliser qu'il s'agit d'un gros chat. Je lui fais faire un joli vol plané et il s'enfuit sans demander son reste.

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