Asie Centrale

Mercredi 4 juin : remontée dans la vallée

Djuku

Nous avons posé notre camp du côté gauche (ouest) de la rivière, en suivant le chemin indiqué par la carte. D'ailleurs le chemin est très bon et large, ce qui est bon signe. Cependant, on voit que le chemin traverse la rivière cinq kilomètres plus loin, et ça nous ennuie un peu de ne pas savoir s'il y a un pont ou non : il a pas mal plu ces derniers temps et la rivière est rapide et profonde, si on doit passer à gué ça ne va pas être facile. Comme il y avait un pont à l'endroit où le chauffeur nous a déposé hier, on décide de rebrousser chemin et de partir de l'autre côté de la rivière.

C'est la solution la plus prudente, mais ce n'est pas très agréable car le chemin est beaucoup moins bon du côté est, ou plutôt, il n'y a pas vraiment de chemin, juste des traces d'animaux. On avance dans des grandes herbes où on enfonce beaucoup sans voir où on met les pieds, on passe notre temps à descendre, monter puis redescendre pour trouver le meilleur passage... Du coup on avance lentement, ce qui est un peu embêtant car aujourd'hui il faut qu'on s'approche le plus près possible du col. On continue notre avancée dans la brousse, sans machette hélas. Il fait un temps magnifique. Les collines autour de nous n'ont rien d'extraordinaire mais offrent un décor tout à fait plaisant. Il y a très peu d'animaux, contrairement aux autres endroits où nous avons marché, juste un troupeau de chevaux qui vient boire à la rivière, mais reste près de la vallée habitée. On se met à faire des blagues sur les loups pour expliquer ce manque d'animaux...

Gael Gael

Soudain on aperçoit le pont sur la rivière, un peu plus loin d'ailleurs que l'endroit où la carte fait traverser le chemin. Bon, on a perdu du temps, mais on n'avait pas vraiment le choix. C'est bon à savoir pour les prochains randonneurs : il y a bien un pont... La bonne nouvelle est qu'on récupère un chemin meilleur. C'est même presque une route, avec des pavés en pierre sur une bonne largeur, ça fait penser à une voie romaine. Mais la route ne doit pas être très utilisée, et dans les creux elle disparaît sous les herbes hautes. Mais on réussit toujours à la retrouver grâce aux talents de pisteur de Gaël. Une fois qu'on a pris un peu de hauteur il y a moins de grandes herbes et il n'y a plus de difficultés pour suivre la route. Elle continue à être aussi large et bien pavée, on se demande vraiment de quelle époque elle date. Et on se dit que si une telle route existe, ça doit bien passer au col... Le chemin monte, mais doucement. On fait un premier pique-nique, abrités dans une ondulation de la pente. Au deuxième Y de la vallée on part à gauche dans les montagnes, en suivant toujours l'autoroute comme on l'appelle maintenant. On trouve une hache plantée dans la terre du chemin, sûrement là depuis des années, mais on oublie de la prendre : tant pis, on ne jouera pas avec les loups... La vallée où nous montons maintenant s'ouvre sur un grand cirque montagneux. L'herbe se raréfie, les pentes sont rocheuses avec pas mal de neige. Tout au fond on devine l'endroit où doit être le col, mais il n'est pas possible de le repérer précisément. On cherche un camp alors qu'il reste encore un peu d'herbe : ce n'est pas très agréable de camper dans un pierrier ! La vallée est étroite et en pente, on trouve un terrain à peu près plat entre deux branches de la rivière. Gaël va faire une petite reconnaissance en direction du col, et je m'offre le luxe d'une lessive et de me laver rapidement dans la rivière. Pour dîner nous avons une sauce à l'oignon, un lyophilisé de pasta milanese et un instant pudding que nous avons fait prendre dans la neige : un vrai festin ! Mais on en a besoin, demain c'est le col...

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