Gaël Varoquaux

Sun 19 January 2003

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Voyage et arrivée en Nouvelle Zélande

Je suis dans ma chambre et je commence donc a écrire un e-mail que je ne pourrais envoyer (un peu débile mais j’ai des difficultés pour me connecter à clipper)… Bon, au moins j’ai un CD de Chick Corea qui tourne…


Je suis donc parti avec mes quarante kilos de bagages de Choisel mardi matin. En effet j’avais appris sur le net que j’avais peu de limitations sur les bagages, donc j’avais 22 kilos dans mon sac jaune, une vingtaine sur le dos plus un charmant sac rouge Millet. J’arrive à Charle de Gaule et j’embarque sans le moindre encombre dans un 747 de la Cathay Pacific Airways, une compagnie basée à Hong Kong comme je devais l’apprendre. Comme dans tout avion qui se respecte la première chose que nous faisons c’est de manger : repas chinois, naturellement. Je commence à découvrir que la Cathay Pacifique fait les choses bien pour occuper ses passagers : sur le dossier de chaque siège il y a un écran LCD connecté à un fabuleux système informatique qui permet entre autre de regarder des films que l’on choisi parmi une sélection. Résultat je vois plusieurs film en même temps sans en regarder un seul. Cela me permet de voir mon premier Jackie Chan (assez remarquable, inoubliable même, tellement c’était nul), et un film chinois qui n’avais pas l’air mal (“Ma femme a 18 ans”, je crois).

Bien sûr l’avion est quasiment entièrement plein d’yeux bridés. Toutes les hôtesses ont d’ailleurs le teint jaune réglementaire, mais leur Anglais et parfait, meilleur que leur Coréen, comme l’a découvert un malheureux passager. De plus j’ai beaucoup apprécié leur uniforme, moins crâneur et plus joli que celui des hôtesses occidentales. Par exemple les cols des chemises, au lieu d’être des décoltés compliqués comme sur la pub de Chanel qui se baladait partout sur les journaux, étaient comme celui de l’héroïne de “In the mood for love”. Bref quoi, un charmant dépaysement, d’autant plus que je devais converser plus ou moins par signes avec mon voisin, un vietnamien.

J’essaie de dormir, et j’y arrive pas trop mal. Au bout de onze heures de vols nous atterrissons à Hong Kong International. Je débarque de l’avion, m’attendant à rester bloqué dans l’aéroport. Au bout d’un moment j’arrive à trouver parmi les personnages (des deux sex) habillés de noirs avec une grosse ceinture, un talky-walky et les cheveux courts une qui sache parler anglais. on m’informe alors que pour pouvoir sortir de l’aéroport il me suffit de remplir une fiche d’une demi page (au stylo bic et en lettres capitales, attention). C’est l’affaire de quelques minutes et je suis sorti immédiatement. A moi Hong Kong !


Il me faut d’abord prendre le train pour aller en ville. Ah, si les métros parisiens étaient comme cela ! Encore une fois il y a des écrans LCD derrière les fauteuils, qui informent cette fois des arrivées et des départs.

Par la fenêtre je commence à découvrir ce à quoi la baie de Hong Kong ressemble : des bouquets de grattes ciel éparses sous des montagnes verdoyantes qui se reflètent dans l’océan. Entre les bouquets des autoroutes portées sur des passages aériens par des piliers de béton. Au fur et à mesure que l’on se rapproche de la ville les bouquets se resserrent, jusqu’à ne plus former qu’un continuum. Et là le train passe dans un tunnel. J’arrive finalement en gare de Hong Kong central. Il est huit heures heure locale, et de nombreuses personnes bien habillées se pressent dans les rues vers de grands grates-ciels à l’effigie de Banque of China ou de HSBC.

Je décide de marcher et après être passé entre quelques grattes-ciel super modernes je décide de me diriger vers les sommets verdoyants qui dépassent derrière. La route à suivre n’est pas trop dure : il suffit de toujours aller vers le haut. J’emprunte donc des escaliers et des passerelles qui se faufilent entre les ponts et les échangeurs qui portent les routes. Je passe donc dans une sorte de dentelle de béton recouvert de mousse verte par endroit digne d’une super cité des mangas actuels. Plus haut j’arrive dans une banlieue résidentielle chic : les rues passent à flanc de montagne et de part et d’autre se dressent des immeubles portant des noms comme “Imperial court” ou “Clyde mansion”. Au niveau de la rue un portier en uniforme monte la garde ; en dessous des étages sont réservés aux garages, et au dessus, dans les hauteurs, des appartements s’étalent.

Pour passer d’une rue à celle d’au dessus je ne tarde pas à découvrir que la bonne solution est d’emprunter des escaliers qui prennent droit dans la pente. On voit que les habitants de Hong Kong n’ont pas peur de monter : des centaines de marches se suivent sans arrêt. Au bout de quelque temps j’arrive à une rue sans immeubles au dessus. la ville s’arrête là, brutalement, et le reste de la montagne est une jungle épaisse et clairement infranchissable. Ma quête des hauteurs s’arrête donc net, et je redescends bien vite.

Cela me permet de découvrir une partie de la ville très interressante : la partie pauvre, ou en tout cas moins riche que celles que j’avais déjà vues. Ici les rues sont plus étroites et plus animées. On ne parle pas, ou peu anglais. De petits magasins et échoppes s’ouvrent partout sur les cotés, et des pub en Chinois dépassent dans la rue. Un ricanement vient commenter la scène : perché sur un arbre qui dépasse de Dieu sait où un perroquet contemple la scène. Des panneaux traduis en anglais m’informe que des rats se baladent dans le coin, et que leur morsure est empoisonnée ; même pas peur, NA !

Il me reste quelques dollars de Hong Kong et j’ai envie, juste pour m’amuser, de prendre un vrai repas Chinois. J’avise un restaurant pas trop miteux, et j’entre, priant pour que quelqu’un parle anglais. Je converse dans un mélange d’anglais et de langage des signes avec un type, mais quand le moment viens de lui dire que je n’ai plus que 50 HK$, et que j’aimerais être sûr que cela fera l’affaire, c’est la débâcle. Heureusement une femme vient à mon secour et je peux enfin déguster mon riz et mon porc. Ils m’avaient même rajouté une cuillière à soupe, des fois que je sois trop paumé pour me servir des baguettes. je peux te dire que la nourriture de tous les jours du chinois de Hong Kong ne vaut absolument pas les restaurants chinois du 5ème : le riz n’est absolument pas cantonnais, et la viande vient sans sauce. Cela avait cependant la saveur de l’autenticité.

Je décide alors de regagner l’aéroport : je n’avais pas vraiment l’intention de rester bloqué à Hong Kong. Cela me faisait un peu mal de quitter ce quartier si vivant… Bien sûr j’arrive à la porte d’embarquement trois heures en avance : dans un petit aéroport bien organisé, tout va tellement plus vite.


Nouveau vol avec la Cathay Pacific ; cette fois c’est un 737, et je me fais bien voir de l’hotesse en prenant du vin blanc avoir mon poisson et du tea, sans sucre après tandis que tout le monde lui demande du Sprite. Mon voisin regarde des films débiles et j’ai plus de mal à dormir. Heureusement je suis à coté de la fenêtre, et je peux voir des iles Indonésiennes avant que le soleil se couche. C’était le premier coucher de soleil au quel j’ai assisté au dessus des nuages. C’était plutôt joli, surtout quand les colonnes des cumulus qui dépassaient en dessous de l’appareil sont restés illuminées alors que tout le reste était dans l’ombre.

J’atteris à Auckland où la “Food and Drug Administation” locale passe mes sacs aux rayons X et me fait déballer ma tente pour vérifier qu’elle ne contient pas d’organisme étranger dangereux à l’écosystème local. Pour aller du terminal international (qui n’a d’international que le nom et les douanes) au terminal domestique je passe sous un fabuleux soleil. Ma veste de quart passe vite fait dans mon gros sac jaune. Le terminal domestique est minuscule, il n’a que deux portes. Les hôtesses de la Quantas sont de banales blondes, qui ne valent pas les chinoises de la Cathay question dépaysement.

Mon avion, un petit coucou à moitié plus petit que le 737, décolle et survolle de fabuleux paysage avec un nombre incroyable d’iles. Hélas je crois que c’est trop au nord, je ne naviguerai pas dans ces archipels. Après un snack indispensable à l’éthique de l’air nous atterrissons à Christchurch International. Comme j’ai de l’avance je me fais plaisir à visiter l’aéroport. Le terminal du quel je pars est un hangar modifié qui donne directment sur le tarmac. Peu de temps avant le départ je vois atterrir un splendide coucou, bimoteur, à hélice, je le trouve tellement charmant que je le prend en photo : cela doit être mon avion, d’autant plus qu’il s’arrête devant mon terminal. Loupé, un autre encore plus petit arrive et on charge mes bagages dedans. Il est tellement plus petit qu’il tiendrait caché derrière un double-decker londonien. Je compte les places : trente. C’est un bus local. L’équipage est constitué d’un pilote et d’un co-pilote, ainsi que d’une hôtesse, qui ne sert vraiment qu’a vérifier que nous attachons bien nos ceintures. L’avion décolle en vombrissant comme c’est pas croyable et par le long de la côte, le soleil dans le dos, vers le sud donc. J’apperçois sur ma gauche les alpes Néo-Zélandaises, et un sommet particulièrement haut. Cela doit être le Mont Cook. Après un thé (hé oui, même dans un tel coucou l’éthique aérienne exige que l’on serve quelque chose), et un bonbon apporté par une petite gamine qui avait été confié à l’hotesse à l’aéroport, l’avion se dirige en trésautant vers une piste d’atterrissage. L’atterrissage est moins doux que dans un 747, mais je ne crois pas qu’il y avait de guidage radar.


A l’aéroport Andrew m’attend, sans panneau avec marqué “Gaël”, Ouf. Après avoir chargé mes gigantesques sacs dans sa voiture (sur le jaune je découvre une étiquette orange qui avait été rajoutée à Auckland : “Heavy, 22kg, bend your nees”). On part donc vers la ville, il est 14h, heure locale, et mon plus grand désir est de prendre un douche. Andrew m’abandonne à St Margaret’s college, où il m’a réservé une chambre après m’avoir expliqué où je pourrais trouver son bureau. Pour ma part après une douche d’une bonne demi heure je par me promener en ville : il ne faut pas que je dorme.

La ville est coincée entre des collines et la rade d’Otago. Elle s’étend en fait sur une assez grande distance, mais les collines, dont les flancs ne sont pas peuplés, donnent l’impression qu’elle est plus petite. Elle a été peuplé il y a 150 ans par des Écossais, qui l’ont nommé Dunedin d’après le nom gaélic de Eddinbourg.

Les habitants sont sympathiques, pour ce que j’ai pu voir. Je dinne tous les soirs avec mes colocataires. Ils viennent de partout en Nouvelle Zélande et en Australie et sont là pour des écoles d’été. Cela fait un peu bizarre de découvrir à table que l’amie d’un tel qui habite en Indonésie à comme “pet” trois paresseux, et que après leur douche elle les pend au fil à linge. Cela me fait penser que je me suis trompé, il y a bien un certain type de kangourous en Nouvelle Zélande, mais je ne crois pas que je les verrai, car ils sont plus au nord.

Le groupe de Andrew à l’air sympa. Il est assez grand et formé exclusivement de thésard et de quelques post-doc. Pour l’instant j’attend la table optique qui doit être gruttée au troisième un de ses quatres donc je me contente de faire de la biblio, c’est reposant. Je suis passé à la banque pour ouvrir un compte et clairement là bas je ne ressemble pas à quelqu’un de digne de confiance : non seulement on a mis plus de temps à m’ouvrir que pour les autres personnes, mais en plus lorsque je demande à ouvrir un compte la personne au guichet doit s’absenter avant de pouvoir me donner une réponse (qui est : “repassez lundi”). Cela doit être à cause de mes cheveux longs, et de mon ignorance totale du rasoir.

Aujourd’hui samedi il fait un temps superbe. Je suis allé à la plage. Je ne me suis pas baigné car je n’avais pas pensé à prendre de maillot. Il y avait de jolis rouleaux et pas mal de personnes avec des skim-boards, mais pas de surf, je suis assez déçu. Demain je pars randonner sur la péninsule d’Otago, juste à coté de la ville. Ils en font toute une pub… je te dirais demain ce qu’elle vaut.


Je cherche activement un appartement, mais pour l’instant le numéro de celui qui m’interresse ne répond pas…

J’écris en ce moment de ma chambre au St Margaret’s College, avec le superbe chat noir du College sur mes genoux. Il a décidé que j’étais confortable et ronronne comme c’est pas croyable. Mais pour taper cela n’est pas pratique alors je l’ai virer sur ma table à coté de mon portable. il a immédiatement voulu écrire un message, mais je lui ai interdit de tapper (j’ai jamais été un marrant tu sais), alors il est descendu de la table et a visité la chambre (qui est dans un basard pas croyable), puis est parti vers une autre chambre.

Il est 9 heures du soir et je suis crevé : je n’ai toujours pas entièrement rattraper mon décalage horaire. Chaque jour je me force à me coucher plus tard, et le matin à ne pas me lever avant le réveil.

YES je viens de remarquer que sur ma carte de téléphone il y a le Team New Zéland : le défi Néo Zealandais à la cup of America.

Je disais donc que je vais me coucher….


Bon, je n’ai pas pu envoyer le mail parce qu’il y avait une coupure d’électricité qelquepart à l’ENS. C’est pas grave, je peux le compléter avec ma journée d’aujourd’hui : aujourd’hui le but de la journée était de visiter la célèbre Otago Peninsula, longue d’une grosse trentaine de kilomètres. Je me lève tôt et je prend un bus qui doit m’enmener à Portobello, au milieu de la peninsule. Mais le chauffeur avec le quel j’ai tapé la discute, me dit qu’il doit aller chercher un groupe à l’autre bout et me propose de m’enmener. Génial, cela me fait moins à marcher, et donc je pourrais voir plus.

Au bout de la péninsule il y a une réserve à Albatros, mais elle est privée et pour y accéder il faut payer. De toutes façons j’étais là trop tôt, alors je ne pouvais même pas laisser parler ma radinerie : l’attrape touriste était fermé. J’ai pu donc contempler de superbe falaises avec de superbes oiseaux, que je ne connais. Puis retour vers Portobello en marchant. Au fur et à mesure que je marche je me rend compte que sur la plage il y a beaucoup d’oiseaux qui me sont inconnus, il faut croire que je ne suis pas dans mon hémisphère habituel.

Après deux heures de marches je peux enfin obliquer sur la gauche et quitter la route principale pour une route secondaire, qui se révèle être en terre. Elle me permet de passer de l’autre coté de la péninsule (celle qui fait face à la mer) où une grande rade s’étale, peuplée de cygnes noirs. Je marche (de temps en temps sous une petite pluie) et je m’élève en petit peu au dessus de l’eau. La rade est alors en train de se vider avec le jusant et d’en haut on voit de superbes traînées blanches et vertes. A la sortie de la rade de grandes déferlantes naissent de la houle du large. Je suis entouré de prés et de moutons, le voilà enfin le fameux moutons Néo-Zélandais

Malheureusement je ne peux continuer jusqu’au phare qui me tentait : ma maléole (que je me suis abîmé il y a trois semaines en patin à glace) se met subitement à me faire très mal. Il faut que je rentre en boitant. Dieu sait ce que j’ai, mais cela me casse bien les pieds (si je puis dire). Je fais du stop (hé oui au fur et à mesure que je me rapproche de la civilisation il commence à y avoir des voitures qui passent, une fois toute les demis heures) et un couple d’anglais me prennent et me ramènent à Portobello. De là un couple d’Espagnols me ramène à Dunedin.

Bon, je suis de retour dans ma chambre et je commence à enrager : toujours pas d’appartement. J’en avais trouvé un bien, pas trop loin de l’université, meublé (c’est important), avec deux filles gays (ça cela explique peut-être le prix plutôt bas), mais leur téléphone semble ne pas marcher. Je suis quasiment certain que cela veut dire qu’elles ont trouvé un locataire. Zut flutte… Je m’étais fait à l’idée que celui là me convenait. J’en essaie un autre, mais cela commence à être frustrant.

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