Gaël Varoquaux

Sun 12 September 2004

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Raid catamaran en baie de Quiberon

Du 6 au 10 septembre 2004. Récit de Clara

Naviguer sur un catamaran de sport pendant une semaine, dormir sur la plage, tracer sa route au petit matin selon les conditions météo, tirer des bords de près de plus de deux heures.. Voilà une idée qui me tentait bien. Pourquoi pas ? A force de regarder des émissions d’aventure qui a chaque fois m’obligent à me dire « pourquoi pas moi ? » L’idée de ne pas accepter cette proposition était inenvisageable..

L’idée leur est venue un soir, paraît-il, dans la cuisine de l’île de Drenec aux Glénans, après plusieurs verres de chiwawa, boisson fétiche des îles bretonnes. !

Le lagon des Glénan est particulièrement accueillant pour la voile légère, surtout lorsqu’il s’agit de se balader dedans avec une escadre de cinq ou six bateaux qui nous suivent. Seulement, au bout d’un mois, d’un an, ou même de plusieurs années de navigation la bas, on a envie de sortir du fameux périmètre de navigation autorisé. Venir sur ces îles en tant que moniteurs bénévoles a l’école de voile laisse a chacun des merveilleux souvenirs, mais l’océan nous tente, l’envie de partir d’un endroit pour arriver autre part, voir du paysage, faire de belles nav sans se soucier de l’heure du goûter ou du dîner. autant de désirs qui leur donne un soir envie de monter ce petit projet.

C’est pourquoi, Gaël et Olivier, les deux principaux meneurs de l’opération se décident vite, une fois rentrés à Paris, de commencer à organiser ce qu’ils vont appeler : Le Raid.

La zone de navigation est choisie sans trop d’hésitations. ce sera dans le Morbihan. Les paysages bretons y sont particulièrement beaux, c’est une zone connue par les membres de l’équipage, et qui peut par sa facilité d’accès nous permettre de réaliser ce rêve.

Ainsi, Gaël, étudiant à l’ENS de Paris s’applique à chercher des bateaux a louer. Il trouve son bonheur, qui sera aussi par la même occasion le nôtre, au Nautic Club de Carnac. En effet, ce loueur de bateaux propose des raids cata au départ de Carnac jusqu’aux îles de Houat, Hoedic et Belle-Île. Ils disposent donc du matériel nécessaire a l’opération, et seraient prêt à louer leur trois Nacra 570 avec l’équipement qui nous serait indispensable tels les bidons étanches, ancre lourde, et vêtements nautique comme les ceintures de trap, gilets de sauvetages et combinaison isothermes pour ceux qui en auraient besoin.

Le niveau de l’équipage étant relativement correct, ils acceptent de nous fournir nos bateaux, selon les conditions d’assurances relatives à notre projet, et à un coût plutôt acceptable pour ce genre de location !

La date est fixée, ce sera du 5 au 10 septembre 2004.

C’est a peu près a ce moment là de l’histoire qu’Olivier, rencontré à Penfret à Pâques lors de mon A2C1 cata me propose de partir avec eux, ils leur manquaient une personne et je suis plus que ravie et motivée pour participer au raid avec eux, bien que je ne connaissais que lui !

Premier rendez-vous organisé en mai chez Gaël et Emmanuelle, sa petite amie dans leur chambre a l’ENS. On ouvre en grand la carte de la Baie de Quiberon, et regardons les differentes possibilités de trajets. Le mieux serait donc de partir de Carnac direction les îles. Seulement un problème se pose : en voile légère, la législation oblige les embarcations à ne pas s’éloigner de plus de un mile d’un abri côtier, ce qui équivaut à 1,56 kilomètres environ. Ainsi, on se retrouverai dans l’illégalité sur une petite zone, entre la pointe de Quiberon et l’île de Houat et, en tant que marins responsables, on ne peut pas prendre ce risque. Deux solutions s’offrent à nous : soit se faire accompagner d’un bateau à moteur, comme les formules que proposent le club de Carnac, soit demander une dérogation aux « aff mar » (département des affaires maritimes) pour avoir l’autorisation de naviguer dans cette petite zone qui nous est interdite. Olivier se chargera donc de ça. On lui envoie nos CV nautiques, Gaël, Olivier et moi ayant validé notre niveau A2C et encadrant dans la fameuse école de voile des Glénans, on se dit qu’ils n’hésiteront pas à nous accorder ce petit privilège. Il décrit notre projet, tout en expliquant les raisons qui nous entraînent à demander leur autorisation.

La réponse étant longue à arriver, on se prépare tout de même a d’autres trajets, qui seraient de descendre la cote vers le sud, allez s’amuser dans les courants du Golfe du Morbihan, et rester dans cette zone..

En ce qui concerne tout l’équipement autre que nautique, Gaël et Emmanuelle se chargent de tout, étant habitués à partir sac au dos avec le minimum vitale pour survivre !!! Ils s’occuperont donc de toute l’alimentation (à mes plus grands regrets, grande gourmande que je suis) et de l’équipement terrestre comme les bâches, les butta-gaz et autre matériel de camping. L’idée étant que la place sera vraiment très très restreinte et quel seul ce qui nous est vital sera embarqué sur les trampos des catas. On n’emportera pas de tentes, en espérant que notre vie de routard nous obligera à dormir à la belle étoile tous les soirs. Les haches serviront à se protéger du sable pour les repas ainsi que pour les affaires fragiles, dormir dessus si besoin, et les installer en toit si la pluie nous tombe dessus !!!!!! Chacun est prié de venir avec le maximum de bouts généralement récupérés dans les fonds de poches de nos vestes de quart quand matos oblige sur nos catas lors des stages aux Glénans. Sacs étanches sont aussi les bienvenus, permettant de s’accrocher facilement sur les cata, et pratiques parce qu’étanche !!!! (En effet, vu la constitution de nos embarcations, il ne valait mieux pas craindre d’être mouillés pendant une semaine !!!!)

Voilà, on a presque tout :

  • 6 personnes motivées à partir pendant une semaine et a vivre dans des conditions les plus précaires pour vivre une nouvelle expérience de voile.
  • 3 bateaux de deux nous permettant de nous déplacer
  • tout l’équipement nautique nécessaire, l’équipement de sécurité étant à moitié fourni par le Nautic Club, le reste par Gaël (VHS portable, cartes marines du coin.)
  • tout l’équipement de camping toujours fournis par Gaël et Emmanuelle.

On tente à plusieurs reprise de tous se rencontrer, mais Eric, étudiant aussi a l’ENS avec notre couple organisateurs est en Australie, Guillaume, très bon ami d’Olivier étant en retard de plus d’une heure et le petit couple pensant que c’est le WE prochain. la réunion ne dure que peu de temps (j’ai un partiel d’histoire le lendemain. !!) et nous ne sommes que trois !!

Mais tant pis, maintenant que tout est prêt, on ne va pas faire d’histoire parce qu’on ne se connaît pas !!! et puis, ce sera aussi l’occasion de rencontrer des gens et de faire connaissance lors de notre périple en Bretagne Sud.

On s’organise par e-mails pour les derniers préparatifs comme par exemple le moyen de locomotion Paris-Carnac. Certains seront déjà dans la région car le bénévolats sur nos îles paradisiaques nous retiens en Bretagne jusqu’à même fin septembre. !!!

Dimanche

Je suis sur le quai de la Gare de Rosporden près de Concarneau. On est le dimanche 5 septembre, je viens de passer avec Olivier une semaine à Penfret pour hiverner l’île. Je ne ressemble pas a grand chose. Mes cheveux n’ont pas été brossés depuis plus de deux semaines, seules mes lunettes de soleil (qui me font ressembler à une mouche nous dirait Olivier) retiennent mes mèches salées et bouclées d’arriver dans ma figure toute bronzée et abîmée par deux mois de sel de mer et de soleil, je porte un débardeur blanc Petit Bateau trouvé sur Penfret 2 jours avant et un pantalon africain rouge vif qui se noue à la taille et aux chevilles ! Sans bien sur oublier mon éternel foulard qui me sert à la fois d’écharpe, d’oreiller la nuit et de serviette a table mais cette dernière utilisation n’est généralement pas voulue, c’est lui qui se trempe tout seul dans mon café du matin ou dans la soupe du soir. Mes pieds sont nus car je ne supporte plus d’avoir des chaussures. Mes tongs rouges sont donc accrochées à une bretelle de mon sac a dos. Sac a dos énorme que je traîne depuis le 1er juillet qui contient 50% de fringues nautique : chaussons et gants pour la voile, salopette cirée, veste de quart, combinaison shorty, top en lycra, boléro tribord. A coté se trouve mon sac étanche remplis de ma pharmacie personnelle (je suis toujours malade !!), et tout ce que je ne supporte pas de laisser à Paris comme des albums photos de ma famille et de mes amis, mon téléphone portable bien qu’éteint, mon portefeuille bien que vide ! des appareils photos, étanches ou non pour immortaliser chaque instant de ma vie, mon carnet d’adresse on ne sait jamais s’il faut que j’écrive à quelqu’un et tous mes petits souvenirs matériels que je garde précieusement afin de les laisser moisir dans mon tiroir a Paris.

C’est marrant, je ne sais pas vraiment ou je pars, je ne sais pas ou je vais dormir le soir même, ni même les 5 prochains soirs. je ne sais pas où je vais, ni vraiment avec qui. Et s’il y avait une énorme tempête et qu’on se retrouvai coincés sur une île du genre Gavrinis sans pouvoir rentrer à temps a Carnac ? et si on il pleut toute la semaine ?? ça va être invivable et le camping sous la flotte, ayant fait ça 3 semaines auparavant, je sais ce que ça donne et je n’ai pas vraiment envie de revivre ça. et si y’avait pétole toute la semaine ? et si on démâtait en plein milieu de l’océan atlantique trop loin des cotes pour avertir quelqu’un parce que forcément la VHS serait tombée a l’eau, nos portables inaccessibles aux fonds des bidons. l’espace d’un moment je me mets un peu à flipper. et si notre raid d’une semaine devenait un véritable cauchemar ?? on ne sait jamais a quoi s’attendre sur l’eau. il peut devenir notre pire ennemi aussi bien qu’une source de plaisir intense.

A un moment, je me dis qu’il serai grand temps que je déjeune. Mais le distributeur de billets ne fonctionne pas, alors que je n’ai que deux euros dans ma poche. Je vais donc acheter un petit sandwich au bar qui se trouve à coté de la gare. Seulement, un dimanche de septembre, ils ne font plus de sandwich, normal personne ne passe par là ! Je me retrouve donc à me nourrir grâce au distributeur automatique : un paquet de chips, un paquet de mini cookies Bonne Maman pour le dessert, et une bouteille d’eau, j’ai très soif et pas question d’aller boire l’eau au robinet des toilettes !

Cela fait plus de 2 heures que je dors sur le quai de la gare attendant le train qui m’amènerait alors à Auray afin de retrouver mes 5 compères.

Sur le quai d’Auray, j’aperçois au loin Olive, qui d’ailleurs s’est coupé les cheveux, sa seule dread n’étant vraiment plus supportable ! Lui aussi se traîne son sac étanche rouge et noir, qui doit faire deux fois la taille du mien, qu’il a préalablement fixé sur une armature en fer d’un vieux caddie ! J’en profite aussi pour remarquer qu’il a changé de tongs, les anciennes dûment popées dans l’atelier de Penfret n’étant vraiment plus utilisables !

Mais comme je n’étais restée que cinq heures dans la gare de Rosporden avant de venir, je me suis dit qu’il fallait bien que je profite de celle d’Auray!!

Alors on s’est installés sur un banc a l’intérieur de la Gare, bien au frais car, début septembre c’est dingue comme il fait chaud en Bretagne !!! On profite pour aller remplir nos bouteilles d’eau au bar du café de la gare, et lire un peu les magazines de voiles que j’avais achetés mi-août a la gare d’Avignon ! C’est d’ailleurs a ce moment la que j’apprends que nous n’avons pas obtenu la dérogation des aff mar et donc que Houat ne sera pas pour nous cette année !! Tant pis, la Bretagne regorge de coins et de plages sympas ou nous serons bien installés !!!

Vers 17h, Gaël arrive dans sa petite voiture pour nous amener à Carnac, où Guillaume, Eric et Emmanuelle nous attendent. Pendant le trajet on se raconte rapidement nos expériences de catas de l’été, ayant chacun passé la majorité de nos vacances à encadrer aux Glénans ! De toute façons, on était la pour faire du cata, on n’allait pas parler d’autre chose que du cata ! un peu de lasers, d’habitable. et encore !!! fallait que ça reste dans le thème !!.


Ca y est. le départ est proche !! Enfin ! Depuis le temps qu’on en parle.. !

On passe par la capitainerie du port de La Trin’ afin de jeter un coup d’oeil a la météo. C’est bon, ils annoncent du soleil et du vent (environ 5 a 6 beauforts dans mes souvenirs) ! Mais on connaît la météo, on sait bien qu’ils exagèrent un peu parfois histoire de prévenir les accidents !

On arrive alors a Carnac, et on rejoint les trois autres sur la plage. Nous voilà enfin au complet ! Ainsi voila les 6 qui partent comme ça sur des catas de sport afin de profiter pleinement de leurs performances de vitesses et de sensations fortes et cela pour nous rien que pour nous six pendant une semaine !

Les trois plus excités de voir la tête de nos bateaux ce sont Olive, Gaël et moi ! A quoi ressemblent-ils vraiment ? J’ai déjà vu des nacras dans des clubs, mais ils n’étaient pas aussi grands.. et puis, dans quels états sont-ils ? quel est l’accastillage ? quelle est la couleur des voiles ? des écoutes ?!!!!. autant de questions qui nous trottent dans la tête depuis longtemps !

On rencontre alors Manu, responsable du Club qui nous les montre. et ils sont bien a la hauteur de nos espérances. des coques casses vagues. j’AdoOOOoore !!! c’est bien plus stable ! et puis, quel accastillage ! tout harken ! le chariot de GV est a bille et fonctionne tellement bien, rien à voir avec ceux de nos éternels « 16 » qu’il faut régler avec le pied voir même avec la main tellement ils ne bougent pas !!! et puis, des sticks télescopiques. un réel bonheur pour sortir au trap’

On les testera demain matin, avant de partir, histoire de se faire une petite idée de ce que ça va donner, et puis pour voir si on a un peu de matos à faire. pour bien être en sécu toute la semaine ! La formation des Glénans se reconnaît la ! Il n’est pas question de partir sur l’eau avec un petit problème technique qui pourrait s’aggraver en pleine séance. Surtout que là on ne rentre pas le soir même où des matos et un atelier nous attendent, nan, on ne sait pas vraiment si on pourra réparer nos « canots » en plein raid alors autant être surs !!!

On voit un peu avec le « grand chef » quel sera notre trajet, on règle ce qu’on leur doit, on choisit nos gilets de sauvetages ; les ceintures de trap et pour certains leurs combinaisons intégrale.

La honte, les gilets sont marqués UCPA, pour des membres des Glénans, on est un peu réticent à les porter alors on opte pour l’option. on mettra nos tops tribords par dessus !!! comme on s’équipe tous chez Décathlon, on a tous le même !! Un vrai équipage !

Les ceintures de trap sont un peu usées, va falloir bien la choisir car autant qu’elle tienne toute la semaine et qu’elle ne nous fasse pas trop mal ! Je me souviens d’après midi aux Glénans où j’avais mal choisi ma ceinture et j’étais rentrée avec les hanches en compote et le dos qui me faisait tellement mal qu’impossible de me lever le lendemain matin !

On est un peu nerveux. moi qui à chaque fois que je pars sur l’eau en cata, ce n’est que pour grand maximum une journée (pic nic sur le loch’ réguliers !) , ça me fait bien bizarre de me dire que la c’est pour une semaine..

On observe un peu le fonctionnement du Nautic Club. C’est un point passion plage alors n’importe qui peu louer n’importe quand n’importe quel bateau. Les moniteurs amènent les bateaux tout bien grées au bord de l’eau, expliquent vite fait que pour avancer faut tirer sur le bout de ficelle qui tiens la voile et que faut s’attacher au bateau lorsqu’il dessale. Ca nous laisse perplexe ! Et la Sécu dans tout ça ??? heureusement qu’ils vérifient avec leurs jumelles régulièrement si ça se passe bien et qu’ils sont prêts a intervenir avec leur Zodiac !!!..

Mais l’heure passe et il va falloir trouver une petite plage pour dormir. Gaël connaît bien le coin et a déjà une idée en tête. Il part donc avec Olive et Guillaume (normal, a six dans une petite voiture genre 205 on oublie vite surtout lorsqu’on voit la taille de nos sacs a dos !!) me laissant sur la plage avec Eric et Emmanuelle.

La plage, impossible de vous dire laquelle s’était, mais une chose est sure. c’est qu’on était les seuls ! A part que sur le parking de la plage étaient installés des romanos, et l’idée de me dire que mon énorme sac avec tous mes trésors dedans puisse se faire voler me faisait un peu peur.

On installe alors deux haches : l’une pour dormir histoire de s’isoler de l’humidité du sable, et l’autre pour poser les buta-gaz et autres affaires fragiles.

C’est aussi a ce moment que je découvre avec le plus grand regret bien qu’il aurai été difficile, voir même dommage d’acheter autre nourriture, notre menu pour la semaine.

Gaël et Emmanuelle s’étaient occupés de tout ! Pour le petit dej on avait des muesli (je vous expliquerai comment un matin on en a eu avec du chocolat dedans, un grand luxe !!) avec du lait en poudre mélangé avec de l’eau douce. Les raisins secs au petit matin. de quoi me mettre de mauvaise humeur !!! mais apparemment je n’étais pas la seule à qui ça ne plaise pas plus que ça de devoir manger ces petits trucs foncés le matin !

Pour les déjeuners, ce sera pain, charcuterie et fromage. On achètera du pain tous les deux jours et nos provisions de « mets d ‘accompagnements » seront à renouveler au milieu du raid. Comme désert des fruits secs ou des figolus.. Comme goûter, parfois du chocolat, mais généralement ça s’arrêterai aux figolus.

Et pour le dîner. ma hantise ! (je n’en veux pas au petit couple, seulement pour la bouffe, je suis très exigeante, voir même très très très exigeante et ça m’arrive souvent de préférer ne pas manger plutôt que de prendre ce que je n’aime pas !)

En fait, un jour ça serait des pattes genre cheveux d’anges (ça ne prend pas beaucoup de place par rapport a ce qu’on consomme) ou bien du riz. Il faut des féculents tous les jours alors voilà ! et pour faire style on ne dîne pas tous les soirs la même chose, des sauces en poudre (goût espagnol, gout italien (bolognaise), trappeur..) ! Le seul problème, c’est qu’il fallait économiser l’eau douce qu’on transportait en bouteilles accrochés à nos bateaux, alors ce qu’on faisait : 2/3 d’eau douce et 1/3 d’eau de mer ! ce qui permettait aussi de saler notre dîner (une salière, mine de rien ça prend la place et je le rappelle. on n’emporte que les choses VITALES !!!!!) mais, y’a des sauces qui sont déjà salées.. Alors là, fallait vraiment avoir faim.

Mais les déserts étaient bons, logique, au chocolat !!! des espèces de crèmes chocolat en poudre qui mélangées à du lait en poudre et de l’eau nous faisait oublier le plat précédent !

Pour ce qui était du service de table. 2 casseroles puisque 2 butta-gaz, rien de plus logique ! des petits bols/assiettes en plastique, 6 fourchettes et une ou deux cuillères. !!! pour les couteaux, nos whisards ou laguioles faisaient l’affaire !!!

Je suis donc installé dans mon duvet (toujours le même depuis 6 ans !) entre je ne sais plus qui et je ne sais plus qui ! Mon écharpe me sert d’oreiller et je me suis fait un petit trou dans le sable pour me faire croire que je suis dans un bon lit douillet ! Mais bon, de quoi se plaindre, certains donneraient beaucoup pour être loin du béton armé et des bruits de voitures de Paris. On se laisse doucement bercer par les bruits de mer pour s’endormir. demain, on part et faudra être en forme !!!

Lundi

Lundi matin, on est réveillé tôt par le lever du soleil et par l’habitude aussi du petit dej entre 8h et 8h30.

Allez, on se dépêche, on range toutes nos affaires. Gaël, Emmanuelle et Eric partent dans un 1er trajet. Avec Olivier et Guillaume on finit de rouler la dernière bâche, de boucler nos sacs a dos et on attend Gaël qui reviens peu de temps après avec nos croissants !

On passe par la Trin histoire de regarder encore la météo a la capitainerie, on passe faire un petit tour aux toilettes (ça fait partie de l’histoire, c’est vrai, dans les films on ne les voit jamais aller aux toilette alors la, vous ne pourrez pas dire qu’on n’est pas normaux !!!), et par le super marché de place (près de la maison de ma copine Lorraine !! ça vous dit tout non ??!!!) pour acheter les derniers trucs qui nous manque. du nutela (qu’on laissera à Carnac pour qu’on puisse en profiter le jour du retour), du papier alu pour les butta-gaz et des lunettes de soleil pour Guillaume (et voui, pas de chance, t’a pas la réduc des Glénans chez Julbo à Concarneau !!!) !

On arrive donc au Nautic Club. On va près des bateaux et la, les mecs du Club commencent à les gréer. Quoi ?! ne pas gréer nos bateaux nous même ? mais c’est impensable et rapidement, deux par deux on commence l’inventaire ! Bien sur, Olivier, Gaël et moi on le connaît par coeur ! On commence par les coques. leur état.. pas de pops, c’est bon signe ! on remarque juste qu’ils ont mis du Sikka là où nous aurions mis du gel coat. on ne dit rien !

Ensuite, les trampos, on les resserre, pas question d’un filet qui pandouille entre deux coques. les étais, et haubans, pas de gendarmes ! on vérifie rapidement le parallélisme des safrans, on remplace tous les sandows pour être certains qu’aucun ne lâchera durant le raid.

Et, pris d’une excitation terrible avec Olive. Le WD40 !!! on en met partout !!! sur les rails des chariots de foc et de GV, sur le stick amovible, sur les poulies. !!!! C’est tellement bien un cata qui fonctionne sans problème !!!!

On apprend alors à hooker la GV ! Habitué à la petite fourchette du 16, ce crochet nous donnera plus d’une fois l’occasion d’énormes prises de tête !!!!

Il est environ 11h et on est prêt à aller sur l’eau pour voir ce que ça donne ! Comme tout vrai stage Glénans, on décide de faire dessaler les bateaux pour voir quelles sont leurs limites et surtout comment se passe le ressalage. En plein raid, pas question de dessaler, avec tout ce qui sera attachés aux trampos, ça sera beaucoup plus dur et surtout pas très sécu, les risques de chapeautages étant du coup plus élevés.

Les équipages se font naturellement. 3 bateaux. 3 A2C, Gaël sera donc avec Emmanuelle, pas question de les séparer, Guillaume avec Olivier, normal, ils sont potes ! et Eric avec moi, normal on ne se connaît pas !!!!


WAHOUOUOUOU !!!!!!!!!!!

Le départ entre les deux moles n’étant pas ce qui est le plus agréable à faire ! Mais c’est pas grave, on est sur l’eau.

Rien à voir avec le hobbie cat 16 sur lequel j’ai navigué 6 semaines cet été.. !!! il est carrément moins nerveux mais tellement plus stable. Au portant, les risques d’enfournement (ma hantise) sont bien moins élevés, ils bananent très bien (Eric me félicite d’ailleurs pour la 1ere que j’ai faite, a mon plus grand plaisir, très bien maîtrisée !), et la vitesse m’impressionne un peu !

On découvre aussi la bordure de la GV réglable a l’aide d’un petit chariot et, pour notre plus grand plaisir (plus pour le trip que pour la performance en elle-même d’ailleurs) de pouvoir régler son cuni au trap, un système avec deux poulies le permettant.. !!!

Mon premier virement de bord n’est pas passé. ! Bon d’accord, il y avait un peu de houle et je n’ai pas attendu d’être sur la crête de la vague pour pousser ma barre !!!!!!! mais Olivier et Gaël me rassureront par la suite qu’eux aussi ont manqué leur 1er ! c’est une histoire que coque m’affirment-ils. très fiers !

Bien sur, Olivier pressé d’impressionner Guillaume fait son kéké et très rapidement ils passent à la bail !!! mais le ressalage se passe bien pour eux, je suis rassurée !

Mais, bien évidemment, il fallait bien nous aussi y passer ! Et il n’a pas été volontaire ! Une banane un peu mal tenue et hop ! Nous voilà tous les deux a la flotte ! Eric et moi remettons un certain temps à ressaler, notre poids n’étant pas très élevé ! Je me souviens aussi du deuxième où je n’ai pas eu le temps ni la force physique de remonter directement sur la coque. mais heureusement Prince Eric (c’est dans un Walt Disney non ??!!!) m’a sauvé en me lançant le bout de ressalage afin de rentrer à Carnac avec moi a bord !

Pour Gaël et Emmanuelle, ce fut a peu près le même topo ! Un ou deux dessalages dans les règles de l’art !

On s’amuse un peu mais il faut bien déjeuner, et le temps presse ! pas question de partir à 23h ce soir !!!!

On déjeune rapidement nos petits sandwichs à l’ombre de la cabane à outils du nautic club !

Et puis, voilà, on commence à faire les sacs. Il y a 6 bidons, 3 gros, 3 petits, deux sacs étanches (le mien et celui d’Olive) et une pochette Magic Marine qu’on peut accrocher sur le trampo !

Chacun a son bidon et on rajoute ensuite la nourriture et les affaires communes là où il y a de la place. On part 5 jours, mais pas question de perdre de la place. Ce sera pour chacun un pantalon (sauf Eric qui préfère son short mais un jour il le regrettera !), un tee shirt, une polaire, un k-way, des souvetement, et une écharpe ! Ah si, j’oubliai les tongs, et les chaussettes !!!

Dans l’énorme sac étanche d’Olive on met les 6 duvets, et dans le miens toutes les haches et les butta-gaz.

Seulement il manque sur un des catas un trapèze. alors on dessale nacra 500 qui ne partira pas avec nous pour lui enlever le sien pour le remettre sur le nôtre ! Les gens du Nautic nous regardent faire ! On dessale aussi l’autre cata afin de rajouter le trap, on en profite pour bien resserrer la manille de capelage ! On remplace aussi des écoutes de foc pas certaines de tenir le coup jusqu’à la fin de la semaine.

Ca y est, le matos est fini ! C’est le moment d’accrocher nos effets personnels sur les catas ! Chaque duo aura sa technique bien a lui, certains seront plus maniaques que d’autre. ! Sur le notre, notre petit cata a nous pendant une semaine, il y a nos 2 bidons, le pack d’eau douce et mon sac étanche ! Nous avons choisi l’option on accroche le sac et le pack au pied du mat et les bidons sur les trampos, les bouts passant par dessous, faisant un tour avec les haubans. tout un art !

Les gens du Club, aussi bien que les stagiaires ou clients peu expérimentés nous observent depuis un petit temps ! On fait un peu l’attraction il faut le dire ! Equipés comme des pros (des chaussons jusqu’aux gants, lycra, combi, boléro, ceinture de trap et gilet de sauvetage, couteaux qui pandouillent accrochés aux brettelles des bas de cirés.), déambulant de droite a gauche depuis un ptit bout de temps hurlant « il est où le WD40 ?? merde ya un sandow qui va lâcher faut le remplacer ! c’est toi qui as la multiprise ? t’aurai pas vu un ptit bouts que j’avais posé là ? mais alors elle est ou cette multiprise mon taquet de GV est trop bas ça va m’énerver au trap. !!! »

Je suis certaine que les responsables ont fait des paris sur nous du style « dans deux jours ils reviennent avec de la casse ! » et les locataires qui passent dans le coin nous posent tout plein de question du style « Mais, mais . ? vous partez combien de temps la ? ah bon ? mais vous aller dormir où ? ah bon, bah c’est que vous etes des pros non ??! » Non, juste des passionnés qui veulent profiter jusqu’au bout de leur vacances, pour se faire plaisir pendant une petite semaine ! Et ne vous inquiétez pas, on n’a pas lésinés sur la sécu !!!


17h. il est grand temps de partir pour de bon, pour de vrais, la, ça y est de s’éloigner de Carnac au maximum !

Cap sur le Golfe du Morbihan, on aura largement le temps d’y arriver avant le coucher du soleil.

Avec 10 noeuds de vent environ, on sera dans les temps. !

Au revoir les gens du Nautic Club, a Vendredi bien sur !!!! On vous tient au courant de notre position tous les deux jours ? nan, vous vous en fichez, d’accord, tant pis !!

Gaël en tête, Olivier bien sous notre vent (forcément à force de vouloir bananer on perd sa trajectoire), Eric et moi sommes tout bien installés, lui a la barre, moi au foc toute tranquille savourant chaque instant de ce départ. Un bruit étrange me sort de ma rêverie. Ca vient du point d’écoute de la GV. Je jette un coup d’oeil, rien d’anormal, je replonge dans mes pensées quand tout a coup, OH surprise, le crochet se fend en deux et la GV se choque en grand en moins d’une seconde ! Bah ? c’est quoi cet accastillage qui ne tiens même pas sur un bord de près ? En fait, Eric en l’accrochant s’était trompé de d’endroit et avait mis le crochet dans le rail de la bordure, endroit tranchant ! Alors forcément avec la pression. ça ne tient pas le coup !

Et vive le matos en pleine nav’ ! Gaël et Olivier nous rejoignent et se mettent à la cape sous notre vent ! avec beaucoup de mal on défait un des crochets devant servir pour le cuningham (y’en avait 2 , donc dans ma tête, un qui ne servait à rien alors pourquoi pas utiliser celui là !!) pour le remettre à la place du cassé ! Plus de peur que de mal, notre réparation de fortune tiendras toute la semaine !! Vive nous !

On passe sous le vent de rochers, qui, dans mon souvenir doivent s’appeler les Méabans (il y en a aussi dans le lagon) et rapidement , trop même , on arrive à l’entrée du Golfe ! On passe donc devant Port Navalo. J’aperçois la maison de Vincent située à l’entrée du Golfe, alors qu’est ce que je fais comme toute personne normalement constitué, je sors mon appareil photo pour immortaliser cette entrée ! C’est en fin de journée, la lumière éclaire donc merveilleusement bien la cote bretonne. rien au monde n’enlèvera ma joie d’être sur l’eau vers les 18h30 / 19h a l’entrée du Golfe sur un performant cata début septembre alors que certains de mes potes ou même ma soeur, sont entrain de réviser leur cours pour la session de rattrapages. J’ai beaucoup de chance, j’en suis consciente mais en Juin je m’étais mis dans la tête qu’ il n’était pas question que je remette les pieds a la fac avant Octobre.

Je me souviens aussi d’Olivier faisait, a sa grande habitude son kéké en tirant des bords travers/travers devant a l’entrée alors que j’obligeais Eric à suivre dans son sillage Gaël, n’étant pas très rassurée après avoir entendue les histoires des Glénanais d’Arz et des dangereux courants. Gaël connaît le coin, il sait par où passer. Je nous laisse guider !

On passe donc devant Gavrinis. Cette ile représente pour moi deux choses. La première, c’est un projet qu’on avait voulu mettre en place avec des amis en Première. On voulait camper à la Roots pendant une semaine sur cette ile (elle appartenait alors à l’une d’entre nous). En quelques sorte j’étais entrain de réaliser ce rêve, avec d’autres personnes et d’autre différence , mais ça se rapprochait. La deuxième chose a laquelle cette ile me fait penser, c’est à une de mes peurs. En effet, pendant la semaine de fermeture de Penfret, on dînait dans le Quart avec le VHS branchée sur le canal 16. Un soir on a entendu la SNSM dire qu’elle allait chercher deux plaisanciers et leur 420 sur Gavrinis, ils s’étaient fait prendre par les courants et il n’y avait plus assez de vent pour rentrer à Vannes. ce qui nous avait fait assez rire à ce moment là. Au fond de moi , j’espérais qua ça ne nous arriverait pas !!

Gaël nous conduit donc à une petite ile, Berder je crois bien. Au moment d’arriver à la plage , Gaël devant nous remonte ses safrans. mais, au lieu de les faire un par un, il donne un énorme coup sur la barre de liaison qui se casse en deux !!! Derrière, j’explose littéralement de rire ! Pour une fois qu’il n’y a pas d’histoire de cames qui ne fonctionnent pas. !!!!!

En plus juste avant de partir on avait discuté avec le type du Nautic Club qui nous avait dit que ces barres de liaisons étaient très fragiles, que les gens les cassaient tout le temps parce qu’ils ne savaient pas remonter des safrans. On a l’air malin maintenant !!!

On commence à dégréer nos bateaux, mais on peine sur le déhookage de la GV ! Sacré crochet ! et puis, les catas, faut les remonter assez hauts pour que lorsque la marée sera haute, nos bateaux et nos affaires ne soient pas mouillés. Mais y’a un truc auquel on n’avait pas vraiment pensé, enfin, si on s’était posé la question mais nous n’avions pas encore eu la réponse. est-ce que les catas sont lourds ?. OUI ! oui, ils le sont ! alors technique.

Les deux filles à l’avant, et deux garçons au niveau des safrans ! Heureusement qu’il n’y en à que trois !! et puis, formation Glénans nous oblige instinctivement à les installer bien parallèles les uns par rapport aux autres !

Pendant que Guillaume et Olivier nous préparent un petit feu de joie, Emmanuelle et Gaël préparent notre diner, tandis que je me balade sur la plage, pieds nus, fumant ma petite clope.

Mais, au moment du diner, installés alors autour du feu, il y a quelque chose qui commence sérieusement à me déranger. Déjà que je mange du riz sauce paella et que je deteste la paella, je sens sur ma peau des petites bestioles. Des puces de sable. Le truc horrible ! J’ai beau me dire fille de la nature et tout le blabla, j’ai une phobie des petits insectes. Comment les éviter ? je mets donc des chaussettes, comme ça je ne les sentirais pas sur mes pieds et je grimpe sur une coque d’un cata pour être isolée du sol. Pas question que je dorme sur le sable ! Pour moi, mon lit sera un trampo de cata !!! Gaël a beau me dire que tant que les insectes ne piquent pas, ce n’est pas gênant, je n’arrive pas à m’y faire !

On discute un bout de temps autour du feu, jusqu’au moment où on à tous envie de se coucher ! Notre première journée a été riche en émotions et on ne sait pas ce demain nous réserve !


Guillaume, Eric et Olivier dorment sur une bache, entre les deux coques d’un cata. Gaël, Emmanuelle et moi optons pour le lit trampoline ! et n’empêche, on y dort très très bien ! C’est décidé, ce cata aura pendant toute la semaine le rôle de « cata-lit » ! le deuxième sera « cata-séchage » c’est à dire celui où on fait sécher nos combis et toutes nos affaires, tout en évitant bien sur quelles touchent le sable, et le troisième bateau sera pour poser les affaires a ne pas mouiller, comme par exemple la bouffe ou les habits secs.

Je m’endors à une vitesse éclair alors que d’autres sont encore entrain de discuter autour du feu.

Mardi

Mardi matin. On se réveille doucement, par le bruit des vagues et le soleil dans le visage. On émerge de notre douce nuit grâce aux super muesli aux raisins secs. ! hum, vraiment, j’adore !

On se fait tourner le seul tube de dentifrice, afin de garder quand même un minimum d’hygiène ! C’est vrai que ce n’est pas cette semaine où on prendra chacun une douche par jour. c’est plutôt au rythme d’une dans la semaine ! Et encore.. !

On a donc décidé hier soir que ce matin on tracera rapidement vers la base des Glénans à l’île d’Arz afin de pouvoir manchonner la barre de liaison du cata de Gael et Emmanuelle !

Au moment où on s’apprête à partir, on croise une école de voile de la région où naviguent des enfants sur des petits New Cat 12. Ils paraissent minuscules à côté de nous et nous avons l’air d’être vraiment énormes ! Nos bateaux font deux fois la taille des leurs ! Et me dire que j’ai commencé la dessus à faire du cata !

C’était à Sainte Marine, près de Bénodet. Tous les ans, les parents nous inscrivaient ma soeur et moi a des stages de voile pendant une semaine. quelle nostalgie !

Une fois qu’on a quitté cette petite plage très sympathique pleine de puces de sable, on se rend compte que le vent souffle beaucoup plus fort qu’on ne l’avait prévu ! Tant mieux on va pouvoir s’amuser et sortir au double trap !!!! Mais, j’ai parlé trop vite..

Au bout d’une petite demi-heure de nav (on suit toujours Gaël qui nous emmène à Arz) , la GV commence à s’affaler toute seule. et merde le hook !!! Avec Eric on avait pas mal galeré a Berder pour hooker notre voile mais je ne nous pensais pas autant incapable. ! Je m’énerve vraiment là ! On est dans un coin sympa, il y a du vent, les deux autres cata tracent devant et s’éclatent comme des petits fous et nous on est la, au milieu du golfe à tenter de rester bout au vent pour re-hisser la GV, du moins, suffisamment pour pouvoir remonter au vent. car c’est surtout ça qui m’a mise hors de moi. De la où nous sommes, il faut qu’on tienne un près serré et qu’on enchaîne virements de bords sur virements de bord afin d’éviter les nombreux parcs à huître et les cailloux. Gaël et Olivier nous rejoignent, et d’un commun d’accord on décide d’aller se beacher sur une petite plage pour rehooker notre GV comme il se doit. Eric et Gaël mettent d’ailleurs beaucoup de temps à y arriver, on ne comprend pas pourquoi on n’y arrive pas. S’il le faudra, ce soir on dessalera le bateaux pour jeter un coup d’oeil a ce qu’il se passe là haut !

Nous sommes donc aptes à naviguer. Gaël et Emmanuelle, je le rappelle n’ont toujours pas de barre de liaison et du coup, ils n’utilisent que le safran sous le vent, l’autre étant remonté.

Mais Olivier et Guillaume n’avaient pas encore eu de petite avarie. il fallait bien que la prochaine soit pour eux !!!

Peu de temps après avoir quitté la plage, ça y est. premier dessalage !! Et de toute beauté ! Dans un parc à huître. !!!!! Sans grand étonnement, il s’agit d’Olivier et Guillaume ! Apparemment, ils n’ont pas choqué leur GV après avoir changé d’amure. c’est ce qu’ils ont donné comme excuse ! Très personnelle que je suis, et soucieuse de mon bien être personnel, je me rappelle, et j’en fais part à Eric qui à l’air de partager ma crainte. que nos duvets sont sur ce cata.. Et que ce soir je souhaiterai tout de même être au sec.. !

D’un autre coté, ce qui nous fait assez flipper, c’est le chapotage. Le sac étanche avec les duvets se trouve sur la coque en l’air et un déplacement mal contrôlé ou trop de temps a ressaler risqueraient de faire retourner entièrement le bateau. ce qui nous mettrai dans une très mauvaise position. mais bon, plus de peur que de mal, on réaperçoit vite la voile verte et bleu de leur nacra ! Ouf ! Nos duvets sont sauvés !!!

Cependant, l’aiguillot bâbord s’est tordu en deux, rendant impossible de fixer la pelle. Eux non plus n’ont alors qu’un safran, le tribord !

C’est à ce moment là qu’on réalise que le vent est fort. sûrement 5 beaufort ! Nous croisons les escadres des Glénans. Ils sont tous avec un ris et trois par bateaux. de quoi nous faire réfléchir un peu ! Nous avons des bateaux plus gros que les leurs, nous n’avons pas de bosses de ris alors comme nous dirait Manu, la surpuissance, tu la règles à l’écoute, et nous ne sommes que deux par bateaux !!! Ça peut paraître débile mais un sentiment de fierté nous prend. Nous nous suivons tous les trois comme si nous faisions un concours de l’escadre la mieux tenue et arrivons royalement sur la plage d’Arz !


Les glénanais nous regardent un peu bizarrement ! Ils viennent d’où ces six kékés avec leur gros nacras et leur gilet de sauvetage UCPA ??.

Après avoir dégréer nos bateaux et tout bien rangé pour repartir plus rapidement après, nous allons tous les six voir le responsable de base. Gaël le connaît bien puisqu’il à encadrer un mois cet été sur place. Pas de problème, on sait ce qu’on doit faire, on peut se servir.

Gaël, Emmanuelle et Eric s’attaquent à la barre de liaison tandis qu’Olivier, Guillaume et moi en tant que spectatrice nous attaquons à l’aiguillot. Gaël passe tout de même un petit coup de fil au Nautic Club pas étonnés de voir leur barre de liaison en deux et leur aiguillot tordu. Apparemment ce sont des petites avaries assez fréquentes qui ne les inquiètent absolument pas !

Le but de l’opération pour l’aiguillot, c’est de l’enlever totalement et de mettre à la place une vis de la même taille ! La difficulté étant de percer le morceau métallique, et c’est ce qui nous prendra le plus de temps. Du coup, avec Emmanuelle on en profite pour faire un petit tour aux sanitaires. Elle connaît bien la base elle aussi et me montre où se trouvent les toilettes et les douches. Ca fait du bien de se dessaler entièrement !


Vers 14h, je commence vraiment à avoir faim ! Je m’installe sur les escaliers, juste devant l’atelier et je discute avec les matos et les moniteurs de la base ! Ils sont d’ailleurs assez enthousiaste lorsqu’on leur parle de notre projet.

Les questions affluent.. ! Mais, vous êtes qui ? Ah, des moniteurs de l’Archipel venus tripper dans le golfe ! Ah, mais c’est super sympa !!!! on parle pas mal de nos bateaux, de notre trajet. ambiance très conviviale, mais j’ai toujours faim !

Heureusement, la barre de liaison et l’aiguillot sont enfin réparés. On s’installe sur des petites tables a l’ombre avec toutes nos provisions pour la journée. pain, fromage et charcuterie.

Mais, on n’a pas trop envie de traîner, et à peine le déjeuné fini, nous voilà prêt à remettre nos combis et tout notre attirail.

Sur la plage, un autre problème nous attend. Notre hook ! Après un bon quart d’heure de mulage dans tous les sens, on observe (enfin, j’observe, mais comme je suis sympa, je laisse la découverte à tout le groupe !!) Que sur un des coté de l’anneau il y a un petit noeud et c’est ce qui nous empêche de fixer correctement le hook !

On peut donc quitter la plage de la base d’Arz direction la plage des Douaniers. Le principe est simple, on ne va pas loin (a peu près 3/4heures de nav), on pose tous nos bidons, sacs et matos sur la plage et on tire des bords devant !!!

Ah. qu’est ce que j’aime le cata !! c’est en étant au trap à la barre que tout a coup je me suis souvenue pourquoi j’avais passé mon été aux Glénans. c’est parce que je trip vraiment, j’aime vraiment ça. J’adore les sensations que l’on peut avoir lorsque l’on borde un peu plus sa GV et que la coque au vent commence à se soulever. lorsqu’au portant on a l’impression de glisser sur l’eau et d’aller plus vite que n’importe quelle autre embarcation !!

On s’était donné comme objectif aussi de tracer les Hobbies Tiger des Glénans !!! Lorsqu’ils sont apparus dans notre périmètre, nous nous sommes les 3 bateaux précipités à leur rencontre pour tenter de les dépasser et d’aller plus vite qu’eux. Au près, c’est radical, on va beaucoup plus vite qu’eux. Par contre, au portant sous spi. nous étions loin derrière !!!

Mais l’heure passe, et on ne veut pas commencer à dîner trop tard. On décide donc de rentrer !

On retourne donc là où nous attendent nos affaires. Eric et moi mettons toujours un certain temps à déhooker notre GV.

Gaël jette un coup d’oeil au Bloc Marine pour regarder les hauteurs des marrées hautes et les coefs. Pas de chance, là on est en pleine marrée basse, la plage est plate comme tout, et c’est tout la haut, a 35m qu’il faudra s’installer !!! Et on est partis pour muler !! Qu’est ce qu’ils sont lourds ces bateaux !!!

Et puis, tout à coup, Olivier et Guillaume décident de partir à la recherche d’un bar sur l’ile afin d’acheter une ou deux petite bouteilles ! A peine partis, ils reviennent en courant, porteurs d’une très très mauvaise nouvelle. Juste derrière la plage, il y a un marécage. Et qui dit marécage peut aussi dire moustiques sauvages. Ils mettent pantalon et pulls à manches longues pour éviter les piqûres.

Pendant ce temps, Emmanuelle et Eric s’occupent de préparer le diner, avec Gaël on installe des bouts sur notre « cata-dodo » pour pouvoir mettre une bâche sur notre tête au cas où il se mettrait à pleuvoir. Mais, au bout d’une dizaine de minutes, on se fait envahir par les moustiques. Je crois bien que je n’avais jamais vécu ça. Devant mes yeux une cinquantaine de moustiques qui nous tournaient autours et nous piquaient de partout. Même a travers les pantalons, même a travers les pulls. on est tous en k-way avec la capuche, d’une main essayant de manger des pattes bolo trop bonnes, de l’autre chassant les insectes. C’est horrible, vu qu’on est salés et humides, ils ne décollent pas. Nous nous mettons à courir dans tous les sens pour les éparpillés, et puis quand on cours, ils ne piquent pas ! Je dénombre plus de trente piqûres sur les mains, pareilles sur les jambes et une dizaine sur le visage. Pour les autres, c’est à peu près la même chose. Psychologiquement, il faut tenter de ne pas se gratter, penser à autre chose, se détacher de toutes ces petites bêtes qui nous rendent vraiment la vie impossible. En effet, pas question de faire quoique ce soit d’autre que de manger chacun dans son coin en marchant sur la plage le plus éloignés possible des nuages de moustiques. Eric était donc en short, et très stoïquement il s’appliquait à écraser sur ses jambes tout ce qui s’y approchait de trop près. Pas question de mettre nos bas de cirés trempés et salés, qui en plus nous collerait aux jambes rendant les démangeaisons insoutenables. Vous n’imaginez pas même pas à quel point je regrette mes puces de sable de la veille. !!!

Mais, toujours pas de nouvelles d’Olive et de Guillaume. J’espérai qu’ils reviendraient vite, surtout qu’ils devaient passer par la base des Glénans voir si mon couteau Whisards que je m’étais offert en juillet n’y était pas. Vers minuit, alors que nous étions déjà couchés, on les entend arriver. Bon, ils sont seins et sauf ! D’un autre côté, on ne s’était pas fait trop de soucis pour eux. on est sur une île pas bien grand donc forcément un jour ils rentreraient à bon port !!! Je préfère attendre le lendemain matin pour écouter leur récit d’aventure !!!!!

La nuit est agitée. Il y a beaucoup de vent et la bâche censée nous protéger de la pluie fait tellement de bruit que Gaël décide, après des hésitations, de l’enlever. C’est vrai qu’elle nous fouettait le visage et tout le corps, que ça faisait un courant d’air. bref ! La bonne décision était de l’enlever ! Tant pis, on aura un peu plus froid mais on moins on dormira !

Mercredi

Mercredi matin, réveil doucement toujours par le bruit des vagues et le soleil sur nos visages. On sort du lit et hop, nous voilà donc sur la plage, face à la mer. Je prends conscience que je passe des moments uniques, comme plusieurs fois j’en ai rêvé lorsque j’étais à Paris. Pas de béton, pas de chaussures, pas de pollution, pas de voitures, d’immeubles, de pigeons, de magasins, de resto de .. Rien ! Que nous, la plage, la mer et nos bateaux.

Depuis le début de la semaine, la météo est vraiment impeccable ! Du soleil et du vent, que demander de plus ?!

Olivier et Guillaume s’étaient donc perdu sur le chemin du retour! On s’en doutait un peu en fait ! Ils ont omis de prendre un embranchements et ont donc mis un peu plus de temps que prévu à rentrer au campement ! Cependant, ils nous ont tout de même ramenés trois bouteilles de bière ! Chouette alors ! Faudra bien faire attention à ne pas les casser !!! D’ailleurs, pour en être sur, on les rangera dans le sac à duvet, pour bien amortir les chocs !

Le programme de la journée : aller à Aradon pour refaire un stock de provision. Nous n’avons plus de pain, ni de charcuterie, ni de fromage. Après, on sortira du Golfe et selon les conditions météo, de l’état de la mer, de l’orientation du vent et de nos envies, on avisera. Il ne faut pas oublier que l’on est déjà mercredi et qui si on s’éloigne trop de Carnac, on ne pourra peut être pas rentrer ! Nan mais c’est vrai, si jamais il y a pétole ?!!!

On range donc nos affaires, chacun s’applique à attacher ses bidons toujours de la même manière ! Au moins, on est sur que ça tient !!!

Comme à notre habitude, nous suivons Gaël, qui nous dirige vers Arradon ! Quel souvenir énorme ! Je crois que cela fait parti de mes meilleurs ! Nous étions au portant, pleine vitesse lorsque chacun son tour avons dépassé un bateau de pêcheurs.. Ils nous ont regardé comme si l’on descendait du ciel ! Et puis, c’est vrai que fallait nous voir ! Les trampolines des catas sont surchargés de bidons, pack d’eau douce, de sacs en tout genre, nous ne ressemblons plus vraiment à grand chose avec tout notre attirail ! Et puis, à cette vitesse là, c’est vrai que les pêcheurs avaient de quoi être étonnés !! Avec Eric, nous leur faisons un grand signe de la main pour répondre à leur geste de politesse !!

Pour approcher la côte, ce n’était pas très pratique vu le nombre de parcs à huîtres. En plus, des espèces de falaises (dans mon souvenirs !) nous déventaient et nous avons mis du temps à accoster !

A peine arrivé, un petit monsieur âgé débarque sur la plage et commence à nous parler. Il nous demande si nous sommes des amis de son petit-fils. ?! Absolument pas ! Mais, il se prend d’affection pour nous, jeunes sportifs aventuriers et ne nous lâche plus !

C’est donc à ce moment là que l’on décide avec Emmanuelle et Olivier de partir à pied pour Arradon, certains d’y trouver notre bonheur. un super marché !!!

Il faut voir à quoi l’on ressemble. Emmanuelle est en combinaison intégrale à moitié enlevée, les cheveux tout bouclés en pleine bataille, et bien sur les supers lunettes Julbo !

Olive est en tong et en petit short de bain vert clair, lui aussi la paire de lunette énormes !

En ce qui me concerne, j’ai pris le soin d’un peu me changer. je suis donc pieds nus avec mon pantalon rouge, mon unique débardeur blanc (toujours le même depuis le début !) et mes lunettes de mouches ! On fait un bon trio !

Au bout d’un certain temps, nous nous décidons à faire du stop. Aussi tôt dis, aussi tôt fait, aussi tôt pris !! Un homme du coin, environ la quarantaine, qui allait chercher son fils à l’école ! Retour à la réalité, nous sommes début septembre donc forcément, la plupart des jeunes sont en cours. Pas nous ! On en a de la chance hein ? !!!

Il nous dépose donc au plein coeur du village d’Arradon, non loin du super Marché ! Arrivés la bas, nous nous précipitons vers les toilettes ! On se voit dans une glace pour la première fois depuis le début du Raid, et puis, des vrais toilettes, c’est toujours plus pratique !

Dans les rayons, on se fait plaisir. Bon, on prend d’abord tout ce qui nous ait vraiment utile. Du pain « boule de mer », de la baguette pour aujourd’hui, plein de charcuterie (saucisson secs, jambon blanc, jambon fumé..), on se lâche sur le camembert et le comté. et puis, allé, une petite plaquette de beurre salée, rien de tel pour remonter le moral !

Tout a coup, nous passons devant le rayon céréale. et nous tombons sur des Mueslis au chocolat. aucune hésitations, on le prend !!

Et puis, du YOP à la fraise pour le dessert, ça nous changera un peu !

Voilà à peu près nos petites emplettes ! On passe aussi par un tabac pour les clopes et les carambars !!!

Mais, le retour est long, il fait super chaud. On se remet au stop, tout en avançant ! Mais, dans ce sens là c’est moins pratique. Peu de voitures passent et personne ne veut de nous. Sauf un, le même qu’a l’aller ! Son fils est dans la voiture, et apparemment ça lui fait plaisir de nous avoir dans sa voiture ! On se raconte nos vies !

Nous arrivons comme des princes et étalons notre succulent déjeuné ! On reconnaît les vrais bretons gourmand avec l’épaisseur de beurre salé sur les tartines de pain !! Quel plaisir ! En plus, le petit monsieur de tout à l’heure nous à offert du Breizh Cola et nous a proposé de venir remplir nos bouteilles d’eau vide ! Plutôt sympa ! Et puis, j’en profite alors pour utiliser ses sanitaires, proposés avec tant d’affection !

On ne sait pas trop où on va ensuite mais la première chose à faire est de sortir du golfe ! Je suis d’ailleurs toute fière d’avoir été en tête avec Eric alors que Gaël et Olivier étaient bien derrière ! La sortie n’est pas toujours des plus évidente et pour une première fois, je trouve que l’on s’en ait très bien tirés !

Cap sud-est là où le vent nous portera ! On s’en fou un peu, il fait trop beau, il y a plein de vent, on trip.

Avec Eric, on ne parle pas beaucoup sur notre bateaux. Généralement on profite, on trip, enfin moi oui, lui, je ne sais pas !

Je regarde les paysages lorsque je suis équipière, j’aime bien sortir au trap et restée calée sur ma coque, tout en m’appliquant à maintenir l’équilibre du bateau ! Et puis, j’embète un peu Eric .. borde un peu, lofe, tire ta barre, TIRE TA BARRE, nan, pas autant, re lofe s’il te plait, oui ça y est, là on est bien.. ! Généralement on n’est pas vraiment d’accord, mais on ne va pas se disputer pour ça ! Tant pis, chacun ses réglages !

Et lorsque je suis à la barre, soit je commente tout ce que je fais, tout ce qu’il se passe sur le bateau et autour du bateau. ! « waahooo t’a vu la vague qu’on vient de se bouffer en pleine gueule, attend, là on va aller remonter au vent pour grier Gaël sur le bord suivant.. !!!! ». Parfois, par contre, je me tais, je ne parle plus, je sourie et je me concentre sur ce que je fais. Mon creux de GV ressemble à quoi ? L’équilibre.. ? Je borde, je choque, je sors au trap, je rentre. ! Je m’amuse comme une petite folle, je trip, je me fais plaisir, je profite à fond de ce que je suis entrain de faire !!!!

!Des beaux bords de prés au double trap. Un réel bonheur ! Nous sommes surtout content d’avoir quitté le Golfe et de pouvoir faire de longs, de très longs bords !

Et puis, c’est tellement drôle de voir la tête que font les gens que l’ont croise sur l’eau ! Surtout quand les trois nacras à la suite leur passe devant, tous au double trap, tout ça parce qu’on est tribord amure. ! Ils nous regardent parfois amusés, parfois très étonnés ! Une fois, un vieux monsieur sur son First 31.7 nous a demandé si on avait besoin d’aide.. nous étions à la cape entrain de décider de notre route ! C’est vrai que la distance de sécurité n’a pas toujours été respectée et que nous avons pu nous éloigner un peu trop. !

Au bout d’un certain temps, lorsque nous nous étions bien éloigné du Golfe, on décide d’aller jeter un coup d’oeil à la carte, et d’aller sur une petite plage pour goûter !

On débarque comme des stars, les trois bateaux en même temps, devant une plage pleine de touristes !

Comme à notre habitude, on se précipite à la capitainerie , qui bien sur est fermée ! Tant pis, on demande à un inconnu sur la plage le nom de l’endroit où nous sommes ! Nous avions bien avancés .

Mais, comme nous ne pouvons pas tout avoir, on se rend compte qu’au milieu de notre coque bâbord, il y a un trou d’au moins deux centimètres sur un ! Le Bad ! et merde et merde ! On est maudit c’est pas possible ! les casses se suivent les unes aux autres . On a du faire ça en partant de la plage d’Arradon. La mer était très basse et on a du porter le bateau dans l’eau afin de sortir de la mini rade ! Et on a du raser un caillou de trop près. !

Olivier et Guillaume prennent en charge le pansement grâce à la pharmacie qu’il nous avait préparés ! Un petit morceau de plastique, du pansement étanche. voilà de quoi tenir jusqu’au port du Crouesty.

Pendant tout ce temps là, je m’amuse avec deux gosses de deux/ trois ans trop mignons ! Ils jouent sur les trampos, font style de border leur voile. ! je fonds littéralement, deux petits anges blonds aux yeux bleu ! Bien sur je me fais charrier par les autres. ! Clara, celle qui n’a encadré que des Jujus, Clara et Penfret. !!!!!

On revient donc sur nos pas. De quoi nous mettre un peu de mauvaises humeurs ! On se pose sur une petite plage avant de rentrer vraiment dans le port. Emmanuelle , Eric et Gaël vont donc, tout de néoprène vêtus, en ville pour voir ce qu’ils peuvent acheter pour étanchéifier la coque. Pas le temps de faire du gel coat, ou quoi que ce soit dans ce genre !

Pendant ce temps là, avec Guillaume et Olivier, on profite de cette petite pause imprévue pour sortir nos petites bières du sac des duvets ! Assis sur les rochers, on discute tranquillement, on profite ! Ils partent d’ailleurs visiter les alentours. Du coup j’allume mon téléphone portable, j’ai pas mal de coup de fil à passer. Tout d’abord je souhaite prendre des nouvelles de ma grande soeur qui n’est pas au top de sa forme, et puis, il faut aussi que j’appelle la base des Glénans à Concarneau pour une histoire d’encadrement la semaine suivante.

Ils reviennent les mains vides, le seul magasin qui aurait pu les aider était fermé, il faudra revenir tôt demain matin. Du coup on décide de se trouver une petite plage pas trop loin. Je propose celle de Kerjouano, tant qu’à faire, aller là où j’ai de bons souvenirs ! Et puis, de toutes les façons, on ne peut pas aller très loin, le soleil est entrain de se coucher et on a intérêt à arriver avant lui !!!! Cependant, le vent est totalement tombé. Je suis à la barre, tout est si calme, cela nous change des autres nav’ ! Eric se pose sur la coque sous le vent , tout allongé pour dormir . Du coup, avec Gaël on s’amuse à essayer de se doubler ! Tous les coups sont permis ! Je relève le safran au vent, je me mets sous le vent, choque le cuni pour obtenir un meilleur creux.. !! et je trace tout le monde !!!

L’arrivée à la plage se fait tout en douceur, sur un fond de soleil couchant, tout autour de nous est rose et violet, c’est tellement beau qu’avant même de remonter les bateaux je me précipite sur mon appareil photo !

Et puis là, c’est le fou rire, j’en peux plus de ces plages bretonnes où tout est permis ! Hier c’était l’invasion de moustiques, le jour d’avant des puces de sable, et là, des nudistes ! Faut s’arrêter zut !!! Morts de rire on remonte nos bateaux sur l’air de « c’est à bâbord qu’on mule le plus fort/ C’est à tribord. » et n’empêche, c’est dingue comment ça passe plus vite !


Et ça y est, chacun se met à ses activités. Les arrivées sont toujours dans le même ordre. Avec Guillaume on se précipite sur nos clopes, avant de faire quoi que ce soit d’autre ! Et puis, on se change tous. Avec l’habitude, on met tous nos affaires sur le même cata, chacun ayant sa technique pour éviter le sable, ne pas trop se montrer, accrocher ses lunettes et ses gants pour être sur de les retrouver le lendemain. !

Et puis, on s’active pour s’installer. Pendant qu’Emmanuelle aidé de deux ou trois personnes s’occupe de préparer le repas, Gaël s’applique avec les autres à installer les bouts pour le cata dodo afin qu’une bâche puisse être mise en ultime vitesse s’il se met à pleuvoir.

Jeudi

C’est fou ce que ce sable est fin, c’est fou comme c’est paradisiaque de se lever le matin, de courir jusqu’à la mer pour se mouiller le visage et se réveiller, c’est fou comme j’aime marcher pieds nus sur ce sable.

Gaël et Emmanuelle sont au Crouesty pour pouvoir réparer notre bateau. Ils sont partis tôt ce matin. Nous émergeons tranquillement, mais la seule idée de se dire que ce matin on a des mueslis au chocolat facilite mon extraction de mon duvet ! Quoi que.. En y repensant bien, je sortais de mon duvet qu’après avoir petit déjeuner. j’aime me le faire apporter !!!!

Ils reviennent vers 10heures avec tout ce qu’il nous faut. On confectionne un joli pansement qui apparemment à l’air de bien fonctionner. On en profite pour en mettre sur d’autres petits trous qui, on ne sait jamais, pourraient abîmer la coque.

Pour le départ , c’est toujours aussi le même schéma. Avec Eric on n’est pas très perfectionnistes sur la manière d’accrocher nos bidons alors que d’autres sont des plus maniaques. Nous mettons toujours plus de temps à hooker notre voile (c’est due à un détail technique sûrement, il n’y a pas d’autres explications !!) . Certains s’habillent avant d’avoir greer, d’autres après. Mais il y a une chose qui est sure. C’est que c’est toujours Olivier le dernier ! Il prend son temps tout en ayant l’air d’être débordé ! C’est très marrant à voir !

Toujours pas de trajet bien définis, ont descend toujours un peu. Les deux autres ont pris la météo au port ce matin, rien de quoi s’inquieter, au contraire. Bonne nav le matin, soleil et vent ! Il y a même un peu de mer, comme ça on peut profiter à fond des coques casses vagues !!!

On déjeune sur une petite plage, je ne sais où.La première où nous avions voulu aller était pleine de déchet alors on en a choisit une autre. Je me souviens juste qu’on est partis en trip sur des sketchs de comiques et pendant tout le déjeuner on a raconté n’importe quoi !!!

Mais il fait tellement beau et le vent nous appelle ! Pas question de s’attarder ! Belles marches arrières pour quitter la plage . Et on trace plein travers ! Un bord de travers de plus d’une heure et demi ! Double trapèze obligé si on veut contrôler la surpuissance tout en avançant le maximum !! Avec Eric on alterne barreur/équipier même s’il comprend rapidement que s’il ne me laisse pas la barre rapidement je le fou à la flotte !!! En plus, on passe dans des parcs à huître et le but c’est de toucher le plus de drapeau possibles ! Pour Olivier et Guillaume, ils s’amusent à bananer au dessus de chaque drapeaux.. ! On s’amuse aussi à couper les méduses en deux avec nos pelles de safrans !!! le seul problème c’est que du coup la pelle remonte (heureusement il n’y a pas de cames à relever !!!) et que lorsque c’est celle sous le vent, on doit ralentir !

Quelle vitesse et quelles sensations..

Au bout d’un certain temps, on se met tous les trois à la cape pour choisir de ce qu’on va faire. Nous sommes à l’entrée de la Vilaine. Ca fait un peu loin demain pour rentrer sur Carnac si jamais il n’y a moins de vent que prévu. Alors, comme à notre fâcheuse habitude, on revient sur nos pas !!

Comme il n’est pas tard, on fera comme à Arz.

Le retour est encore plus trippant que l’aller. On oscille entre le travers et le grand largue. La mer nous donne du fil à retordre. On est complètement trempés ! J’hésite toujours pour l’utilisation de mes lunettes de soleil. soit je les mets mais à cause des gouttes je ne vois plus rien, soit je les relève mais les gouttes d’eau salée dans les yeux ça fait mal, surtout avec les lentilles !!! c’est dingue le nombres de petits détails qui peuvent nous changer la vie ! C’est comme la ceinture de trap ! A partir du moment où elle commence à te faire mal, plus question de sortir équilibrer ton bateau ! Le pire, c’est quand t’a envie de faire pipi et que t’a tout plein de manoeuvres à faire. Certains n’hésitent pas à sauter à l’eau mais bon, dans les combinaisons. c’est pas toujours ce qu’il y a de plus agréable, surtout lorsque c’est une intégrale !

On est dans l’anse de Suscinio. Comme on ne connaît pas les cotes, on y va tout doucement afin d’éviter de se prendre encore un caillou ! bon, en même temps avec seulement 70cm immergés, et encore, ce sont les safrans, on ne craint pas grand chose !!!

Notre arrivée est toujours aussi impressionnante ! les gens nous regardent débarqués ! C’est qui ces jeunes qui viennent de nul part ? qu’est ce qu’ils viennent faire ici ?!

On pose nos affaires et hop, on repart. Enfin, pas tous, y’a un cata qui reste à terre . La nav de cette aprèm était crevante je l’avoue alors seul les motivés repartent. Je monte alors avec Olive. Je veux perfectionner mes bananes ! Mais le vent est tombé et le cata ne se soulève presque pas. Du coup ça m’énerve et il me laisse au bord de l’eau. Il repart en solo.

Lorsqu’on a finit de remonter le dernier bateaux. on s’aperçoit. qu’ils ne sont pas alignés !!! Mais, qu’est ce qu’il nous arrive ?? Nous n’avons pas alignés nos bateaux !!! Alors là ! On se relâche totalement ! Déjà qu’on dort dessus et que l’on est constamment assis sur les coques à terre, si là on n’aligne plus nos bateaux, c’est notre fin ! Bon, heureusement le reste du rangement est niquel ! Les écoutes de foc sont dans la bail à mouillage. !!!

Du coup, chose que je n’avais que très peu faite depuis le début, je prépare le diner ! Toute seule ! Comme une grande ! Et puis, comme c’est notre dernier diner, on peut se faire plaisir ! On aura le choix entre deux sauces pour notre riz ! Grand luxe ce soir ! Sans oublier notre mousse au chocolat, et des fruits secs !

Ce soir, c’est la fin, alors on peut se coucher tard et se permettre d’être un peu fatigués demain alors on se raconte nos vies, on discute bateaux, réglages, exploits. !!!

Et puis, on est quand même un peu nostalgique. Cette petite semaine va bientôt toucher à sa fin, c’est bien dommage !

Je crois que Guillaume, Eric et Olivier sont partis voir ce qu’il se passait au loin sur la plage. on pouvait apercevoir un feu de djeunes cools qui devaient sûrement avoir guitares et tout ce qu’il s’ensuit !

Mais, Emmanuelle et moi ne faillerons pas à nos habitudes. toujours les premières couchées !

Vendredi

Vendredi. Le réveil est plus douloureux que d’habitude. Première nuit où il a plu, mais du coup nos affaires nautiques sont trempées. L’idée de devoir mettre mon lycra et ma combi trempée me met de très mauvaise humeur ! et en plus on rentre à Carnac là ? mais c’est quoi ce délire ? c’est déjà fini ?? mais c’est abuser ! moi je veux continuer, je veux garder mon ptit cata que j’aime tant, je veux arriver ce soir sur une nouvelle plage. En même temps, je ne sais pas où je dors ce soir. Je devrai rentrer à Concarneau pour partir encadrer samedi. Chouette alors !

On regarde la carte avant de partir. Ca ne sera pas compliqué du tout de rentrer, au contraire ! Comme le vent a tourné, on sera partis au près et on reviendra au près !

Heureusement, la météo ne nous a pas oublié du tout. Cinq beaufort bien établis, des petits creux d‘1m parfois. Le retour va être marrant !

On quitte la plage, il est 11h. Je sais que c’est ma dernière nav sur ce bateau, que c’est fini. Mais autant profiter jusqu’au bout !

Un bord de près qui dure plus d’une heure et demi.. Et vas-y qu’on se prend des vagues dans la figure, dans les mollets lorsqu’on est au trap, que le bateau gîte, gîte, mais les sensations sont énormes. Je galère un peu parfois à border ma GV parce que mes muscles ne sont pas assez performants ! Et puis, de toute les façons, j’ai décidé de monopoliser la barre durant toute la nav alors voilà, faut que je tienne bon ! Mais je trip tellement !

Plus on se rapproche de la Trin et de Carnac, plus on croise des voiliers. Au loin on aperçoit une régate, ou des entraînements je sais pas. Sous notre vent il y a un beau trimaran. Comme je ne reconnais pas la voile, je ne prends pas la peine de descendre sur lui voir qui c’est ! De toutes les façons Olivier et Guillaume s’en chargent !

Au bout de deux heures et demi de nav intense , on arrive à Carnac. Mais comme je suis finalement une fille sympa, c’est Eric qui est à la barre !!!!!!!!!

Et puis voilà, tout est rapide, tout s’enchaîne. !!!

On arrive au Nautic Club, personne n’est là, normal il est fermé ! Pendant que Gaël, Eric et Guillaume se chargent de défaire toutes nos affaires, on va avec Emmanuelle et Olivier chercher de quoi se nourrir pour le déjeuner. On se ballade donc à Carnac comme si nous étions sur notre cata. Nous n’avons même pas enlevé nos gilets de sauvetage !!!!!

On prend plein de pain parce qu’on n’a pas oublié le Nutela laissé pour le retour ! Et puis, une petite bouteille de cidre pour fêter tout ça !!!

Seulement, il pleut ! Alors on s’abrite dans une petite cabane en bois du club, là où les gens se changent généralement !

Comme nous avons les cata jusqu’à 16h à peu près, Gaël et Eric ressortent . Moi j’ai un peu la flemme, il pleut comme pas possible, je viens juste de me changer et de mettre des fringues sèches. Je n’ai pas trop la motivation. Et puis, quel intérêt de tirer des bords devant Carnac ? Aucun ! S’il s’agissait de partir pour une nouvelle destination, je n’aurai pas hésité, mais là, nan, ça ne me tente pas !

Je parcours tout Carnac pour trouver l’office du tourisme. Il me faut un car jusqu’à Auray. Les parents d’Eric viendraient alors nous chercher pour nous amener à Concarneau. Eric à de la famille là bas, et moi je dois retourner aux Glénans pour finir une semaine de D1 et pour valider mon pass formation !

C’est trop glauque, il pleut depuis que nous sommes rentrés.

Lorsque les gens du Nautic Club reviennent, ils sont intéressés par notre Raid, nous demande ce qu’on à fait, par où on est passé. et sont surtout impressionnés par nos performance de matos !!la barre de liaison est mieux réparée que ce qu’ils avaient fait auparavant ! c’est pourquoi elle avait lâché d’ailleurs..

Bref !

Le temps passe. Il pleut toujours. Gaël, Emmanuelle et Guillaume rentrent sur Paris et ne veulent pas partir trop tard. Ils déposent du coup Olivier à Vannes qui lui part encadrer à l’ile d’Arz samedi matin. On reste tous les deux avec Eric.

On a passé notre semaine assis l’un à coté de l’autre sur notre bateau, et puis nous voilà assis toujours à coté à l’arrêt de bus.

Il est 17 heures.

On met environ 20 minutes pour aller jusqu’à Auray en Navette.

On dîne dans le seul resto de la gare.

Ses parents viennent nous prendre il est 23h. J’aurai donc encore passé cinq heures dans une gare à attendre ! Bon, la je ne suis pas seule, mais comme on est crevé, les discussions sont vite coupées par des bâillements !

Ses parents me déposent à la base. Je croise pas mal de gens que je connais ! J’arrive dans la chambre que j’ai l’habitude de prendre. Pour un vendredi soir à minuit, il n’y a vraiment personne ! Mon lit habituel est libre, et il y a même à coté une paire de tong que j’avais trouvé à Penfret et que j’avais laissé là avant de partir pour le raid.

Je me dépêche de sortir toutes mes affaires trempées afin qu’elles soient sèches demain.

Je me prends une bonne douche bien chaude et avec plein de pression..

Je m’endors encore bercée par la semaine fantastique que je viens de passer.

De retour

Voilà, je suis maintenant à Paris, il fait bien froid, et même pire, il pleut. !

Cette petite semaine m’a beaucoup apporté. Même si ce n’était que cinq jours, ça fait du bien de partir comme ça, un peu à l’aventure, sans trop avoir prévu ce que le jour d’après sera fait. En même temps, le principe aussi de se sport est de dépendre entièrement des conditions extérieures et naturelles.

Elle m’a beaucoup appris aussi sur un plan technique car, comme le dirait un de mes formateurs, à chaque fois que l’on pars sur l’eau, on apprend quelque chose, on se perfectionne. C’est totalement vrai. Sur nos longs bords de plus de deux heures, on a vraiment le temps de rechercher le meilleur réglage possible.

Mais, ce que je retiendrai le plus, ce sera tous nos trips, que ce soit sur l’eau, lorsqu’il y avait 25 noeuds comme lorsqu’il n’y en avait même pas 5. et à terre, toute notre petit rituel afin d’être sur d’être bien installé pour la nuit.

Je referai ça avec grand plaisir, sur les mêmes bateaux sûrement, avec les mêmes personnes aussi, mais pourquoi pas pendant un peu plus longtemps, histoire de vraiment profiter à {sc fond} de ce que l’on aime vraiment !

Voilà la petite morale de l’histoire, je m’arrête là sinon je serai capable de vous raconter les vacances dans le Jura il y a quatre ans, ou encore ma petite saison aux Glénans, ou même pire, ma vie à la fac !!!!

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